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L’apologie de mon succès

L’apologie de mon succès

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Aujourd’hui, je mets de côté mon chapeau de simple chroniqueuse pour enfiler celui de conférencière et de mentor.  Mes affaires fonctionnent plutôt bien par les temps qui courent, alors je juge être désormais une référence assez fiable pour vous révéler comment je me suis rendue au top

Puisque, dans la vie, tout le monde veut gagner, j’ai décidé de vous décliner les étapes à suivre pour être un gagnant. 

La première chose à savoir, c’est que Forrest Gump est solidement dans le champ: la vie n’est pas comme une boîte de chocolats, mais bien comme un jeu de société. Trump, par exemple, voit la sienne comme une partie de Risk. Personnellement, je préfère voir l’expérience humaine comme une partie de serpents et échelles, ou – à l’image des mariages de ma mère – serments et échecs.

Si la vie est comme un jeu de société, le succès est donc un coup de dés. Il faut être à la bonne place au bon moment, choisir les bonnes personnes... à qui offrir des faveurs sexuelles. Si tu arrives dans un nouveau milieu de travail, prie pour débarquer dans une petite équipe, parce que ça peut être long en titi avant de tomber sur une personne influente!

Si, en revanche, tu veux t’éviter ça sous prétexte que tu as des «valeurs», l’idéal est de bien t'«enligner». Et comme la vie ne vient pas avec un livret d’instructions, tu es probablement mieux de garder tes petites roues au début, juste au cas où tu rencontrerais un nid-de-poule.  Par «petites roues», j’entends surtout «sécurité». Selon moi, la sécurité qu'il est le plus judicieux d'aller chercher, c’est les études. On sait très bien qu’un diplôme peut toujours nous soutenir en cas d’imprévus. Vous croyez que les serveuses dans les restos ont juste abouti là par hasard? Eh non! Elles ont fait quatre ans de conservatoire de théâtre pour en arriver là!

D’autres choisissent d’apprendre sur le tas, mais une question demeure: sur le tas de qui? Personnellement, il me semble que ce n’est pas la meilleure façon de procéder. Tu ne souhaites pas que l’expérience que tu acquiers soit juste le vieux compost d’idées de la personne qui était là avant toi. 

Il n’est pas toujours facile, le jeu de notre société. Certains défis occasionnent de plus grosses débâcles que d’autres. Mise en échec des Rangers, recule de deux. Commence ta carrière en faisant des blagues et retrouve-toi à animer un show télé qui est une farce, avance à Bali. Légalise le pot, relis ce paragraphe quatre fois avant de le comprendre. Tu tombes sur la case des compagnies aériennes. Vous êtes trop nombreux sur la même case, recule de trois. Grimpe en haut de l’échelle de Bombardier. Bonus! Porte une poker face jusqu’au prochain tour. Oh non! Tu tombes sur la case poursuite. Pige une carte maladie mentale et évite la prison. Retour à la case départ.

Ça nous arrive aussi de vouloir troquer notre échelle pour un ascenseur, question d’emprunter un raccourci, mais, dans la vie, les free rides, ça n’existe pas. Tu ne peux que calculer tes déplacements et placer tes pions stratégiquement. Métro, boulot, dodo, passez go

Quand tu commences à réussir un peu, vient le moment où tu sais que tu es bon et talentueux, alors tu te permets de te la couler douce. Cette situation n’est pas optimale, parce que ça fait que, d’une certaine manière, ton talent devient un talent d’Achille. Si tu veux réussir, il vaut mieux éviter de t’asseoir sur tes lauriers. Ou sur tes ciboulettes.  (Je suis une humoriste en herbe!) 

C’est correct de prendre des pauses. Il faut être indulgent envers soi-même, mais il faut surtout faire des erreurs, puis les regretter, puis les assumer, puis en refaire, puis se relever. Les échecs, c’est la meilleure façon d’avancer, parce que quand tu recules, tu as aussi l’occasion de  prendre un élan pour aller plus loin la fois d’après. Seulement, tu dois savoir que tu n’arriveras pas plus vite au but en sautant des cases. Si tu vas trop vite, tu risques même de devoir retourner à la case départ. 

Gravir les échelons un à un, c’est long, mais ça te fait gagner en expérience. De toute façon, il n’y a pas de course. Il faut comprendre que la réussite ne se mesure pas sur un podium. Comme de fait, ce n’est pas avec cette mentalité qu’on s’en sort gagnant, parce que la vérité, c’est que la victoire est plus douce pour ceux qui ne jouent pas de game

Au fond, tu gagnerais à arrêter de compter les points et de faire trébucher tes adversaires, parce que non seulement c’est de la triche, mais ta seule vraie compétition, c’est toi. 

Vous pouvez entendre Rosalie Bonenfant sur les ondes d’ÉNERGIE 94,3 tous les vendredis matin à 8 h 08. Cliquez ici pour voir son segment en direct.