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Tourner en rond

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S’il s’est assuré d’évacuer un épineux dossier de la campagne électorale, en annonçant une consultation sur le transport, le maire Labeaume n’en subit pas moins un retentissant échec avec l’abandon forcé de son projet de SRB.

Près d’une décennie après l’adoption d’un plan de mobilité durable, force est de constater que la Ville de Québec a tourné en rond, malgré tous les efforts investis. Certes, des solutions à court terme ont été adoptées, comme 285 M$ sur trois ans investis au RTC. Mais le projet de SRB, depuis l’abandon du tramway jugé trop cher, constituait tout de même la pièce maîtresse de ce plan. Et des consultations avaient déjà été menées en long et en large.

Le maire avait affirmé, en décembre, qu’il souhaitait faire du SRB son legs et s’était dit prêt à fonder les élections sur cet enjeu. Il est difficile de comprendre pourquoi, devant tant de convictions, M. Labeaume n’a pas mieux défendu son projet, et ce, sur toutes les tribunes.

Dos large

M. Labeaume a objecté, jeudi, qu’il n’avait pu mener cette fameuse campagne de promotion, car son partenaire, Lévis, branlait dans le manche depuis six mois. Si le maire de Lévis a fait preuve d’un manque flagrant de vision et s’est montré des plus opportunistes en balançant ainsi le projet, on ne peut toutefois pas lui imputer tout le blâme.

Au contraire, si le maire de Québec, à titre d’ambassadeur du SRB, avait su exposer son idée et répondre à toutes les questions, plus de gens auraient embarqué et Lévis n’aurait eu d’autre choix que de rester. Après tout, en septembre, le SRB recueillait encore 74 % d’appuis. Il y avait donc une solide base de supporteurs.

Le maire a beau dire qu’il ne faut pas s’en faire avec l’argent du fédéral, lequel investira 60 milliards $ sur dix ans en infrastructures, la vérité, c’est que la fenêtre d’opportunité vient de se refermer. Les 70 M$ promis par Québec viennent de s’envoler et plus aucun projet n’est priorisé.

Québec devra donc à nouveau faire la queue parmi de nombreuses villes, dont Montréal, où cheminent les projets de transport en commun. Et en attendant, les problèmes de congestion routière persisteront, et ce, pendant encore de nombreuses années.