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Ils veulent continuer à apprendre le français

Bilan positif du projet-pilote qui permettait à des commerçants de suivre des cours sur leur lieu de travail

Andrea Falcomer montre le cahier rempli d’images et de mots reliés à la coiffure que lui a concocté sa tutrice. «Elle était excellente», insiste-t-elle.
Photo Dominique Scali Andrea Falcomer montre le cahier rempli d’images et de mots reliés à la coiffure que lui a concocté sa tutrice. «Elle était excellente», insiste-t-elle.

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Les commerçants de Côte-des-Neiges qui ont complété le projet-pilote de tutorat ont tous progressé en français, au point où certains se font féliciter par leurs clients.

«Ils m’ont rendu la vie facile [avec ce projet]. Je l’ai recommandé à tous les commerçants autour», s’enthousiasme Andrea Falcomer, coiffeuse d'origine jamaïcaine qui travaille sur l’avenue Victoria. «Maintenant je peux mieux communiquer parce que je peux nommer les produits».

«J’ai un client qui parle français et vient chaque semaine. Il me dit que je suis meilleur maintenant», remarque de son côté Jun Huang, couturier chez Nettoyeur Mauran et originaire de la Chine.

Ils font partie des 30 commerçants et employés de l’arrondissement Côte-des-Neiges qui ont participé à un projet-pilote leur permettant d’apprendre le français sur leur lieu de travail, comme le publiait Le Journal en janvier.

Franc succès

Chaque semaine pendant deux heures, un étudiant de l’Université de Montréal leur donnait un cours adapté à leur quotidien, sur une durée de trois mois, jusqu’à la fin mars.

La Chambre de commerce du Montréal métropolitain, qui a instauré le projet, estime qu’il s’agit d’un franc succès. Tous les participants qui se sont rendus jusqu’au bout ont progressé, indique le président Michel Leblanc. Seules quatre personnes ont abandonné.

Leur amélioration a été mesurée avec une échelle de 12 niveaux. Près de 80 % ont progressé d’un ou deux niveaux, certains ayant même bondi de trois. «Ils ont progressé autant que s’ils avaient suivi un cours plus intensif, mais avec moins d’heures», explique M. Leblanc.

Il souhaiterait d’ailleurs que le projet se poursuive pour amener les participants à un niveau intermédiaire. Tous les commerçants approchés par Le Journal ont dit vouloir continuer. «J’adorerais ça. Je pourrais devenir encore meilleure», s’exclame Mme Falcomer.

M. Leblanc aimerait aussi étendre le concept à d’autres quartiers. Le projet s’inscrit dans une stratégie financée par le gouvernement provincial. Le ministère de la Culture et des Communications attendra de recevoir le rapport final avant de prendre sa décision.