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Les films de ma vie: Le Parrain (1972)

The Godfather
photo Courtoisie

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Les habitués de ma chronique savent à quel point j’aime le cinéma. C’est plus qu’une passion: c’est une façon de voir la vie.

À mon humble avis, il n’y a pas de meilleur outil pour appréhender la réalité et éclairer l’actualité qu’un bon film.

C’est pour cela qu’au cours des prochains mois, je traiterai régulièrement de films qui, selon moi, nous aident à mieux comprendre le monde dans lequel nous vivons.

LE CURSEUR DE LA LOI

Le 14 mars dernier, Le Parrain de Francis Coppola a eu 45 ans.

Je ne sais plus combien de fois je l’ai vu. J’ai vu la version cinéma, la version télé, la version restaurée, la version symphonique à la Place des Arts... Je le vois au moins une fois par année depuis 40 ans.

Que dit le chef-d’œuvre de Coppo­la, outre le fait que nous finissons toujours par ressembler à nos parents avec le temps? Qu’il n’y a pas beaucoup de différences entre le crime organisé et le monde des affai­res.

Qu’il suffit de déplacer un tout petit peu le curseur de la loi sur l’axe des mœurs pour que ce qui était illégal et immoral devienne soudainement légal et moral.

Regardez l’alcool, le jeu et le pot. Quand c’est le crime organisé qui s’en charge, c’est immoral. Quand c’est l’État, c’est parfaitement acceptable socialement.

Pourtant, c’est le même produit!

Mais lorsque le curseur de la loi est déplacé, les maires, les ministres, les organismes publics et les grandes corporations qui, auparavant, dénonçaient haut et fort ce secteur d’activité ô combien dangereux font la queue pour profiter du pactole!

POUVOIR, ARGENT ET INFLUENCE

Le Parrain nous montre aussi que la politique, le monde des affaires et la mafia sont intimement liés.

Si, demain, on retirait de la circulation les sommes colossales amassées par le trafic de drogues, notre système économique s’écroulerait.

Notre économie est accro à l’argent de la drogue! Pourquoi pensez-vous que Justin Trudeau a décidé de légaliser la mari? Parce qu’il cherche désespérément de nouvelles sources de revenus pour combler le trou qu’il est en train de creuser!

La politique a besoin d’argent. Le monde des affaires a besoin de contrats.

Et la mafia a besoin d’être protégée par des gens influents.

Ces trois secteurs sont dépendants l’un de l’autre. L’un tombe et toute la structure s’écroule.

Il y a une scène que j’adore, dans Le Parrain. Quand Michael Corleone (Al Pacino) discute avec Kay Adams (Diane Keaton), sa fiancée.

«Mon père n’est pas différent de n’importe quel homme de pouvoir, qu’il soit président ou sénateur, dit-il.

– Mais les présidents ne font pas tuer des hommes, répond Kay.

– Qui est naïf?» répond Michael.

On pense à George W. Bush, qui a envoyé des milliers de soldats au front sur la base d’éléments de preuve fabriqués de toutes pièces.

LA MÊME HYPOCRISIE

Il y a aussi cette fameuse scène du Parrain 2 où Michael discute avec Pat Geary, un sénateur corrompu qui lui fait la leçon.

«Sénateur, vous et moi faisons partie de la même hypocrisie», lui lance froidement Michael.

Près d’un demi-siècle plus tard, cette réplique assassine est toujours aussi pertinente.