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Les statistiques truquées de l’éducation

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On prête à Winston Churchill cette formule assez drôle que je cite de mémoire: ne croyez que les statistiques que vous avez vous-mêmes truquées.

J’y ai tout de suite pensé lorsque nous avons appris récemment que souvent, des notes étaient truquées à l’école, généralement pour faire passer des étudiants qui normalement, ne le mériteraient pas.

Mais ceux qui sont familiers avec notre système scolaire n’étaient pas vraiment surpris.

Inculture

Car derrière les cas qui ont été rapportés, c’est une supercherie qui s’est quelque peu dévoilée: celle d’un système d’éducation qui croit à l’existence d’un droit à la réussite et qui tolère de moins en moins la simple idée de l’échec scolaire.

La psychologie gnangnan qui domine l’école voit dans l’échec une affreuse agression contre l’estime de soi de l’élève.

Ajoutons que nous aimons croire comme société que notre école est une réussite. Nous n’avons pas le culte de l’excellence. Au contraire, on nivelle par le bas.

Alors on se raconte les histoires nécessaires pour confirmer notre croyance.

L’école est devenue une industrie à diplômes­­.

Bien des professeurs de cégep et d’université le confieraient aisément pour peu qu’on leur assure la confidentialité : ils souffrent de ce désastre. Ils voient arriver dans leurs classes des étudiants avec une culture historique lacunaire.

Plusieurs d’entre eux maîtrisent très mal la langue française et ne savent pas vraiment l’écrire correctement. La littérature est pour eux un territoire étranger.

La culture générale n’a pas été transmise.

Mensonge

Pourtant, ils sont correctement diplômés et se perçoivent souvent comme des étudiants exemplaires. Normal: on leur a fait croire cela pendant des années.

C’est tout un système qui s’organise autour­­ de la négation de la réalité.

Et nous préférons maintenir ce mensonge­­ institutionnel de toutes les manières­­ possibles plutôt qu’avouer dans quelle situation­­ nous nous retrouvons.

Les efforts pour en sortir seraient trop exigeants.