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Faire confiance à la police

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Les résultats du sondage Léger rendus publics plus tôt cette semaine sont troublants à plusieurs égards.

Ce sont 70 % des Québécois qui sont d’avis que les élus de l’Assemblée nationale font l’objet de traitement de faveur en matière d’enquête criminelle. Il s’agit d’une proportion incroyablement élevée. Il faut que la confiance soit à son plus bas et le cynisme à son plus haut pour que, collectivement, nous soyons d’avis qu’il est fort probable qu’un député ou une députée puisse être au-dessus des lois.

Qui plus est, 55 % des répondants ont affirmé que l’UPAC n’avait pas l’indépendance nécessaire pour terminer l’enquête visant Jean Charest et Marc Bibeau. Mais qui donc pourrait mener cette enquête si ce n’est pas l’UPAC? On ne parle pas de n’importe laquelle des polices. Il s’agit de la police qui a comme leitmotiv de combattre le trafic d’influence et autre «fling-flang» qui affligeaient ou qui affligent encore notre société. Alors, si nous pensons que la police des polices n’est pas apte à effectuer son travail dignement, qui le fera?

Institutions

Il serait temps que nos décideurs, qui détiennent le pouvoir d’influencer l’opinion publique, arrêtent de jouer avec le feu. Qu’ils cessent de prôner la confiance des institutions, tout en minant la crédibilité de celles-ci.

Je pense à Jean-François Lisée, qui se demande si les libéraux ne bénéficient pas d’une certaine forme d’immunité au regard de la loi. Ou à Philippe Couillard, qui ne veut rien savoir de la possibilité d’élire le directeur des poursuites criminelles et pénales au deux tiers de l’Assemblée nationale. Je pense également à Yves Francœur, qui a largué une véritable petite bombe sur les ondes d’une radio plutôt que de s’entretenir avec les autorités compétentes.

Le climat actuel est néfaste. Souhaitons que la raison et le bon sens triomphent sur la partisanerie et les agendas personnels. Malheureusement, rien n’est moins certain.