/news/politics
Navigation

Lisée suggère une enquête pour parjure visant Violette Trépanier

 Jean-François Lisée
Photo Simon Clark Jean-François Lisée

Coup d'oeil sur cet article

Les nouvelles révélations concernant l’ex-responsable du financement du Parti libéral du Québec, Violette Trépanier, méritent qu’une enquête pour parjure soit déclenchée, croit Jean-François Lisée.

À la lumière des courriels obtenus par notre Bureau d’enquête, qui contredisent une partie du témoignage livré par Mme Trépanier devant la Commission Charbonneau, le chef péquiste s’attend «à ce qu’il ait une réaction forte des forces policières».

Contrairement à ce qu’elle avait affirmé sous serment, ces courriels permettent de croire qu’elle s’intéressait à l’allégeance libérale de donateurs susceptibles d’être nommés sur des conseils d’administration.

«Si je suis un procureur, je veux avoir l'original. Je veux l'authentifier, a réagi M. Lisée. C'est pourquoi je parle d'une enquête sur parjure. La présomption d'innocence s'applique toujours, mais là, il y a, pour un enquêteur ou un procureur, des éléments qui devraient lui faire ouvrir une enquête.»

Des «vieilles nouvelles» selon Coiteux

En chambre, le premier ministre Philippe Couillard et son ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, ont tous deux répété que cette histoire appartient au passé.

M. Couillard a notamment rappelé que Ginette Boivin, l’équivalent de Mme Trépanier au Parti québécois à l’époque, avait aussi témoigné devant la Commission Charbonneau.

«On s’est tous libérés de l’ancien système. Il fallait changer le système de financement politique, on l’a fait», a déclaré le premier ministre.

Le ministre de la Sécurité publique dit n’avoir «rien appris de nouveau» dans les courriels obtenus par Le Journal. «On a appris que cette personne-là a témoigné à la commission Charbonneau : c’est ça qu’on a appris dans le Journal ce matin», a laissé tomber M. Coiteux au Salon bleu.

«Ce n’est pas au gouvernement de déclencher une enquête. Les policiers savent ce qu’ils doivent faire comme travail», a ajouté M. Coiteux.

La CAQ exige un grand ménage

«Le premier ministre est incapable de [...] dénoncer l’ancien système d’influence libérale», a déploré en chambre le chef de la Coalition avenir Québec, François Legault.

Le député caquiste Éric Caire a quant à lui exigé que le premier ministre commande «des vérifications» afin de déterminer «qui, dans l’appareil public, a obtenu son poste en raison de son allégeance ou de donations au Parti libéral du Québec».

Selon le leader parlementaire adjoint de la CAQ, les nouvelles révélations de notre Bureau d’enquête illustrent bien le «système libéral de nominations partisanes».

«Il y a un don, un "post-it", une job. Et [le PLQ] ne déroge pas de ce planning-là», a commenté M. Caire lors d’un point de presse mercredi matin.

«[Philippe Couillard] répète à satiété que ça, c’est l’héritage de l’ère Charest, c’est le passé, que ça n’a rien à voir avec son administration. Eh bien, je suis désolé, mais ç’a tout à voir avec son administration», a ajouté M. Caire.

M. Caire invite M. Couillard à soit «condamner», soit «cautionner» les agissements de son parti: «Il ne peut pas rester assis sur la clôture», a-t-il insisté.

 

- Avec la collaboration de Pascal Dugas Bourdon, Agence QMI