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Le PQ et les minorités: à qui la faute?

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Photo Joël Lemay

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La publication du rapport final de Paul St-Pierre Plamondon, qui veut réinventer le PQ, a permis aux médias de reprendre un procès qu’ils aiment faire aux souverainistes.

Essentiellement, on soutient que le PQ aurait de grands devoirs à faire pour gagner le vote des électeurs issus de la «diversité».

Cette vision des choses repose sur un présupposé: si les immigrés ne votent pas pour le PQ, c’est parce que ce dernier ne s’intéresse pas assez à eux et qu’il aurait une vision fermée du Québec.

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En gros, le PQ n’aurait que lui-même à blâmer pour l’indifférence ou même l’hostilité qu’il suscite dans les communautés culturelles.

On connaît la chanson.

On ajoute généralement que l’épisode de la charte des valeurs aurait éloigné les communautés culturelles du PQ, comme si elles en étaient proches avant.

Aurait-on oublié qu’elles le boudent depuis ses origines?

Est-ce à cause de la charte des valeurs de 2013 qu’elles ont massivement voté non à l’indépendance lors du référendum de 1995?

Il faut arrêter de nous prendre pour des imbéciles.

Cette tentative de culpabilisation est agaçante.

C’est oublier une chose: depuis sa fondation, le mouvement souverainiste a cherché à gagner l’appui des minorités.

On parle souvent du député et poète Gérald Godin, comme s’il était le seul à avoir voulu réconcilier les immigrés et la souveraineté. C’est faux. Ils furent très nombreux. Le premier d’entre eux fut le fondateur du PQ, René Lévesque.

Le résultat a toujours été à peu près le même: minuscule. Cela ne veut pas dire qu’aucun immigré ne s’est rallié au PQ. Évidemment pas.

Cela ne veut pas dire que le PQ ne doit pas faire tout ce qu’il peut pour gagner les néo-Québécois à l’indépendance. Naturelle­ment.

Mais la tendance lourde est claire.

Soyons audacieux. On pourrait retourner la question. Qui est fermé à qui?

Un vote aussi massif, presque soviétique, contre les souverainistes et les aspira­tions historiques du Québec francophone n’est-il pas animé plus ou moins consciemment par un «rejet de l’autre»? Sauf que l’autre, dans les circonstances, c’est nous.

Rejet ?

Évitons les leçons de morale. Les immigrés qui arrivent ici viennent au Cana­da et pas spécialement au Québec. Ils ont l’impression de rejoindre un pays universellement désiré qui leur vend le rêve canadien.

Pourquoi seraient-ils tentés d’embrasser la cause d’une province séparatiste, alors que les francophones eux-mêmes sont fatigués politiquement au point de ne plus désirer rien d’essentiel.

On les comprend.

La seule manière de les convaincre de rejoindre le camp souverainiste, c’est de refuser de les cantonner dans leur identité d’immigrés pour en faire des Québécois pleinement intégrés à la majorité historique francophone, et disant «nous» avec elle.

Pour cela, il faut des politiques identitaires fortes, à la fois sur le plan de la langue française et sur celui de la laïcité.

C’est exactement le contraire de ce que propose le système médiatique.