/news/politics
Navigation

Plus de 400 militaires déployés

Les autorités craignent le pire avec les fortes accumulations de pluie prévues dans le sud du Québec

Coup d'oeil sur cet article

SAINT-GABRIEL-DE-VALCARTIER | Plus de 400 membres des Forces armées canadiennes (FAC) se déployaient, samedi soir, vers les quatre régions les plus affectées de la province par les inondations, a indiqué l’armée en fin d’après-midi.

Selon la Défense, les militaires ont quitté la base de Valcartier, dans la région de Québec, en direction des bases de Saint-Jean-sur-Richelieu, Laval, Shawinigan et Gatineau.

Les quatre compagnies de plus de 100 personnes recevront alors leurs ordres, avant de se diriger vers les zones sinistrées de Rigaud, de Laval, de Gatineau et de Shawinigan.

GUY MARTEL/AGENCE QMI

L’intervention de l’armée avait été réclamée vendredi par le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux. La requête avait immédiatement été acceptée par son homologue fédéral, Ralph Goodale.

«Le Québec a demandé l'assistance des Forces armées. Elle est en route», a souligné le ministre Goodale, en précisant que seul le Québec avait demandé l’aide de l’armée jusqu’à présent.

GUY MARTEL/AGENCE QMI

En plus d’être équipés de leur véhicule de combat qui sont à même de se déplacer dans jusqu’à trois mètres d’eau, les contingents de soldats pourront compter sur l’appui du 5e Régiment de génie de combat et d’aéronefs de l’Aviation royale canadienne, au besoin.

L'armée sur le terrain depuis vendredi

Bien que les convois aient pris la route samedi matin, des officiers étaient toutefois déjà sur le terrain depuis vendredi soir, notamment dans les centres de coordination, afin d’établir un plan d’action et déterminer où les soldats doivent soutenir les autorités civiles aux prises avec les inondations.

«Une image concrète de l’aide de l’armée est le remplissage de sacs de sable par nos militaires», a expliqué le major Yves Desbiens, en entrevue à LCN, samedi. On vient donner un coup de main aux équipes déjà sur le terrain.»

«Nous avons à cœur le bien-être de tout le monde», a fait savoir le major Desbiens.

GUY MARTEL/AGENCE QMI

La situation risque de s’aggraver

De nombreux cours d’eau sont sortis de leur lit ces derniers jours, menaçant les demeures de centaines de Québécois, principalement dans la région de Montréal, en Montérégie, en Outaouais et en Mauricie.

Dans un bilan diffusé à 18 h, samedi, le gouvernement du Québec faisait état de 1553 résidences touchées par les inondations et de 912 personnes évacuées dans 126 villes et municipalités. 398 routes étaient également touchées.

Ce bilan risque de s’alourdir dans les prochains jours. Selon Environnement Canada, près de 60 mm de pluie pourraient encore gonfler les cours d’eau d’ici lundi.

Pour l’armée, il s’agira d’une seconde intervention pour des inondations au Québec depuis le début de la décennie. En 2011, plus de 840 membres des forces ont été déployés dans 15 villes le long de la rivière Richelieu, en Montérégie, dans le cadre de l’Opération Lotus.

Les interventions des Forces armées au Québec

  • Inondations en Montérégie : 2011
  • Crise du verglas : 1998
  • Déluge du Saguenay : 1996
  • Crise d’Oka : 1990
  • Crise d’octobre : 1970
Photo Agence QMI, Joel Lemay

Ça va s’aggraver

De nombreux cours d’eau sont sortis de leur lit ces derniers jours, menaçant les demeures de centaines de Québécois, principalement dans la région de Montréal, en Montérégie, en Outaouais et en Mauricie.


Le dernier bilan, au Québec, faisait état de 1506 résidences touchées par les inondations, 857 personnes évacuées dans 121 villes et municipalités, et 340 routes touchées.


Ce bilan risque de s’alourdir dans les prochains jours. Selon Environnement Canada, près de 60 mm de pluie pourraient encore gonfler les cours d’eau d’ici lundi.


Des vagues déferlaient sur le Chemin des Chenaux, à Vaudreuil, près de l’autoroute 40 et du lac des Deux-Montagnes.
Photo Chantal Poirier
Des vagues déferlaient sur le Chemin des Chenaux, à Vaudreuil, près de l’autoroute 40 et du lac des Deux-Montagnes.

Le ministre de l’Environnement, David Heurtel, a reconnu vendredi que la situation était «exceptionnelle» et que le pire est à venir pour les sinistrés. «En 55 ans de données accumulées au ministère de l’Environnement, on n’a jamais trouvé une situation aussi importante en termes de débit projeté d’eau et de niveau d’eau», a-t-il dit.

Mélanie Langlais, de Gatineau, et ses deux enfants, Noémie et Alexis, sont venus aider à remplir des sacs de sable pour aider les sinistrés de la ville.
Photo Sarah Bélisle
Mélanie Langlais, de Gatineau, et ses deux enfants, Noémie et Alexis, sont venus aider à remplir des sacs de sable pour aider les sinistrés de la ville.

L’ouest de Montréal affecté

L’ouest de l’île de Montréal est aussi très affecté dans les secteurs de L’Île-Bizard et de Pierrefonds (voir textes et photos).

Près d’une cinquantaine de patients ont dû être évacués de façon préventive d’un bâtiment hospitalier dans l’arrondissement de Pierrefonds-Roxboro.

Les 47 résidents du Pavillon Pierrefonds, situé sur l'avenue du Château-Pierrefonds, ont été déménagés avec succès à l'Institut universitaire de santé mentale de Montréal, ainsi qu’au Centre de réadaptation Lucie-Bruneau et en résidence privée.

Les autorités montréalaises ont également réitéré leur recommandation aux derniers résidents de l'île Mercier encore sur place de quitter l’île. Le pont reliant l'île Mercier à l'île Bizard n’est plus praticable si bien que le Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) n’est plus en mesure d’intervenir en cas d’urgence.

Le maire de Montréal Denis Coderre a pour sa part demandé l’intervention de l’armée canadienne pour venir en aide aux sinistrés touchés par les inondations dans la métropole.

Jacques et Steven Henri se préparaient hier à pêcher sur leur balcon de la rue Lachapelle, à Pointe-Calumet. «Je m'enfargeais dans les barbottes ce matin en marchant», s’amusait à dire Jacques Henri.
Photo collaboration spéciale, Geneviève Quessy
Jacques et Steven Henri se préparaient hier à pêcher sur leur balcon de la rue Lachapelle, à Pointe-Calumet. «Je m'enfargeais dans les barbottes ce matin en marchant», s’amusait à dire Jacques Henri.

► Pour consulter la météo, cliquez ici.