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Trois événements, deux visions de la liberté

Trois événements, deux visions de la liberté

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Ça grouille et grenouille dans le réseau des écoles privées subventionnées liées à la structure des Frères musulmans à Montréal.

Lundi prochain le 8 mai, l’École musulmane de Montréal, celle qui a poursuivi Djemila Benhabib pour diffamation et perdu, demandera au tribunal de pouvoir porter sa cause en appel.

Rappelons les faits : la militante et auteure pro-laïcité Djemila Benhabib a dénoncé en ondes, à l’émission de Benoît Dutrizac, les pratiques religieuses d’une école musulmane subventionnée par le gouvernement du Québec. (Pour plus d'infos, allez voir son site)

Elle n’y allait pas avec le dos de la cuillère mais depuis quand faut-il marcher sur la pointe des pieds quand il est question de religion ? Mon collègue Bock-Côté a écrit que le procès fait à Djemila Benhabib était politique et je suis d’accord.

Gros canon

L’école n’a pas apprécié son point de vue et a retenu les services de l’avocat Julius Grey, celui-là même qui a défendu le droit à la liberté d’expression de Mike Ward dans l’affaire du petit Jérémy. Cherchez l’erreur...

L’école a les moyens, manifestement, car être représenté par Me Grey n’est pas gratuit. Djemila, elle,a dû se débrouiller pour ramasser des fonds pour se défendre dans une histoire peut qualifier de cas exemplaire de djihad juridique. Une technique souvent utilisée par les islamistes en Occident pour faire taire leurs opposants.

Lors de la lecture du verdict exonérant madame Benhabib, la juge Carole Hallée de la Cour supérieure a dit ‘l’accusée a en fait exercé son droit à la liberté d’expression sur un enjeu qui est sans contredit d’intérêt public.’

C’est clair pour tout le monde, sauf pour l’école en question.

Chez les Frères musulmans

Est-ce une coïncidence si demain soir, il y aura un souper-bénéfice pour les Écoles musulmanes de Montréal, instigateurs de la poursuite contre Djemila Benhabib, dont l’invité d’honneur, et conférencier sera le cheikh Abdalla Idris Ali, une star dans la mouvance nord-américaine des Frères musulmans ?

La liste de ses ‘accomplissements’ est longue comme le bras et facile à trouver sur Internet (je recommande le site Point de bascule) mais retenons qu’en 2012, il dirigeait l’ISNA, l’Islamic Society of North American dont la filiale de collecte de fonds  a perdu son statut d’organisme de charité en 2013 parce qu’elle transférait des fonds à un organisme terroriste pakistanais.

Autre école, autre cheikh, même discours

Au même moment, l’école musulmane Le Savoir tiendra aussi un souper-bénéfice. L’invité sera le cheikh Ahmad Kandil, une vedette sur le circuit des levées de fonds islamiques. Un type qui enseigne qu’il est permis de tuer les apostats et les musulmans occidentalisés...’qui racontent des folies, comme par exemple, que l’islam opprime la femme’ (sermon prononcé le 12 mai 2013).

Il ne doit pas aimer Djemila.

L’école Le Savoir et l’École musulmane de Montréal appartiennent au même réseau, proche des Frères musulmans, la Muslim Association of Canada (MAC), le plus gros propriétaire d’institutions islamiques au Québec avec sept mosquées et quatre écoles (en 2015).

Une enquête d’une qualité exceptionnelle réalisée par notre journaliste Hugo Joncas en 2015 établissait clairement l’étendue du réseau de la MAC au Québec (c’est encore pire au Canada anglais). En le relisant, j’ai remarqué que le cheikh Abdalla Idris Ali avait envoyer promener le journaliste qui souhaitait l’interviewer en lui disant ‘c’est pas de vos affaires.’

Ceci est de nos affaires

Djemila Benhabib, qui va à nouveau se retrouver en cour lundi pour tenter de bloquer la demande d’appel de l’École musulmane de Montréal, animera une soirée de débat sur la liberté de la presse et la liberté d’expression à Montréal.

C’est mardi, le 9 mai à 18h30 au Centre Saint-Pierre. Elle recevra ‘notre’ Mathieu Bock-Côté, frais rentré de Paris, Josée Boileau, ex-rédactrice en chef du Devoir, l’Ex Jean-Pierre Charbonneau, Julie Latour et Paul Journet de La Presse. Tout ça pour 10 $. Infos ici.

La pression pour limiter le droit de critiquer la religion, en particulier l’islam, augmente sans cesse. Tous les moyens sont bons : des accusations ‘d’islamophobie’ à des procès pour délit d’opinion, et pire encore, comme en témoigne la boucherie à Charlie Hebdo.

Sans jamais oublier Raif Badawi qui croupit dans sa prison saoudienne.

On ne peut concéder un seul millimètre de terrain. Il faut soutenir ceux et celles qui montent au front.

 

NOTE : Et moi, je me fais ramasser cette semaine dans un journal montréalais lié au Hezbollah. Quel honneur !