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Il ne veut pas partir même si ses voisins sont évacués

L’homme ne veut pas abandonner la maison dans laquelle il a investi durant des années

christian grenier
photo MARIE-ÈVE DUMONT

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RIGAUD | Christian Grenier refusait toujours de quitter sa maison samedi à Rigaud, même si la grande majorité de ses voisins avaient déjà évacué leur domicile devant les inondations qui perdurent depuis trois semaines.

«C’est chez moi, c’est où je me sens en sécurité, ce sont mes choses. On ne peut pas comprendre tant qu’on ne l’a pas vécu, c’est difficile de tout laisser derrière soi», soutient-il.

La maison de M. Grenier est entièrement entourée d’eau. Pour s’y rendre, il faut prendre une embarcation, car il y a près de cinq pieds d’eau devant sa résidence.

Dans le quartier de Christian Grenier, à Rigaud, l’eau était maintenant à certains endroits à la hauteur du panneau Arrêt.
Photo Marie-Ève Dumont
Dans le quartier de Christian Grenier, à Rigaud, l’eau était maintenant à certains endroits à la hauteur du panneau Arrêt.

Dans sa cave, quatre pompes fonctionnent à plein régime afin d’éviter que l’eau ne se propage à l’intérieur. Des sacs de sable ont aussi été installés devant les fenêtres à la hauteur du sol.

«Lorsque les sacs de sable ne seront plus suffisants et que l’eau va se mettre à entrer par les fenêtres, on n’aura d’autre choix que de partir. Pour le moment, j’ai très peu d’eau à l’intérieur», mentionne-t-il.

Depuis le 26 mars, le niveau d’eau de la rivière des Outaouais a augmenté de 2,35 m. Dans son quartier, près de la rue Denise, presque tous les résidents ont été évacués. Plusieurs ont été pris en charge par la Croix-Rouge et séjournent dans un hôtel de la région.

Une partie d’entre eux étaient quand même revenus samedi aider d’autres résidents à installer des sacs de sable ou à transporter du matériel en canot.

Des résidentes de Rigaud ont fait du canot sur la rue Joly et en ont profité pour immortaliser le tout sur les réseaux sociaux.
Photo Agence QMI, JOEL LEMAY
Des résidentes de Rigaud ont fait du canot sur la rue Joly et en ont profité pour immortaliser le tout sur les réseaux sociaux.

« C’est ma vie ici »

Environ 340 résidences étaient menacées par les eaux à Rigaud et 104 personnes étaient évacuées, selon le dernier bilan samedi soir.

Le maire Hans Gruenwald a une nouvelle fois imploré les citoyens de quitter leur maison durant la journée. Des embarcations ont été nolisées pour effectuer des évacuations et l’armée est arrivée en renfort.

M. Grenier vit dans sa maison depuis 1999 et il n’a jamais vu une telle crue des eaux.

christian grenier
Photo Marie-Ève Dumont

«C’est ma vie ici, j’ai investi, et du jour au lendemain, tout est menacé. On fait ce qu’on peut, mais au fond, on est tellement impuissant devant ce qui arrive», laisse-t-il tomber, au bord des larmes.

M. Grenier aurait aimé recevoir de l’aide pour sauver sa maison plutôt que les efforts qu’on fait maintenant pour le forcer à partir.

Lever les maisons

«S’ils le savaient qu’il y aurait tant de pluie, pourquoi ils ne nous ont pas aidés à apporter des sacs de sable, à mettre des bâches en plastique?» demande-t-il.

M. Grenier aimerait aussi que le gouvernement prenne des mesures après le sinistre afin d’éviter d’autres inondations du genre à l’avenir.

«Si le gouvernement veut vraiment nous aider, il faut qu’il nous permette de lever nos maisons. On va éviter tous ces problèmes, tous ces dommages inutiles que les assurances ne couvrent pas. Pour le moment, on est limités à une certaine hauteur. Il faut changer les règlements pour améliorer notre situation», insiste-t-il.

De l’eau qui ne cesse de monter

Le courant était très fort à certains endroits de Laval, où il pouvait être difficile, voire impossible, de se déplacer en marchant.
photo martin alartie
Le courant était très fort à certains endroits de Laval, où il pouvait être difficile, voire impossible, de se déplacer en marchant.

4 avril : Environnement Canada met en garde les résidents du Québec sur les risques d’inondations, surtout causées par une capa­cité réduite d’absorber une grande quantité d’eau en raison du sol gelé.

7 avril : Les précipitations provoquent un ruissellement important, surtout sur les régions des Outaouais, Laurentides, Lanaudière, Montérégie et de la vallée du Riche­lieu. Plusieurs cours d’eau font l’objet d’une surveillance particulière au ministère de la Sécurité publique. Un immense trou se forme sur l’autoroute 25 à la hauteur de Saint-Roch-de-l’Achigan.

16 avril : Les autorités locales, de même que le ministère des Transports du Québec, interviennent à Rawdon, où une portion du boulevard Pontbriand (route 341) qui longe le lac Pontbriand s’est affais­sée. Plusieurs autres routes sont fermées, dont les routes 329, 347, 344.

20 avril : L’état d’urgence est décrété à Rigaud. Plus de 340 résidences sont menacées par la crue des eaux. Environnement Canada affirme que la quantité de précipitations tombées depuis janvier est la plus importante depuis 145 ans. 285 mm de pluie sont tombés depuis janvier et ce n’est pas fini.

2 mai : Pas moins de 596 maisons ont été inondées au Québec depuis le début de la crue printanière des eaux et c’est loin d’être terminé, alors que le niveau d’une cinquantaine de rivières pourrait encore monter.

5 mai : Québec fait appel à l’armée. 400 membres des Forces armées canadiennes seront déployés dans les quatre régions les plus affectées de la province par les inondations.