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Peine sévère demandée pour un récidiviste

Celui qui s’en est pris à un huissier et à des policiers a des antécédents de voies de fait sur des agents de la paix

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L’homme dont le pitbull a défiguré une fillette à Brossard risque plus d’un an et demi de prison pour s’en être pris une fois de plus à un huissier et à un policier.

Karim Jean-Gilles a été reconnu coupable, en mars dernier, de voies de fait et de menaces sur un policier et un huissier.

Au moment de l’attaque, le 12 janvier dernier, il était pourtant sous probation en raison d’une autre affaire de voies de fait sur un policier. Il s’en était aussi déjà pris à une huissière.

«Il s’agit d’une infraction rare. Et c’est encore plus rare qu’il y ait une récidive», a noté hier Me Claudie Gilbert, de la Couronne.

Compte tenu des antécédents de Jean-Gilles en matière de violence contre des agents de la paix, la procureure a suggéré une peine de 19 mois de détention.

«Sa dernière peine [concernant des voies de fait sur un policier] était de six mois. Ça n’a pas été dissuasif, au contraire, les gestes posés [en janvier dernier] étaient une coche plus sévère», a-t-elle plaidé hier au palais de justice de Longueuil.

Tôt le matin de l’événement, un huissier s’est présenté chez Karim Jean-Gilles pour lui remettre une citation à comparaître pour une accusation de négligence criminelle dans l’affaire de l’attaque de son chien contre la petite Vanessa, en septembre 2015.

Visiblement mécontent de cette visite, Jean-Gilles l’a menacé.

«Il m’a dit: “Criss ton camp d’ici, je ne veux pas de ton papier”», a témoigné au procès l’huissier Martin Beaudin.

Difficulté avec l’autorité

Après avoir été poussé aux épaules, l’agent de la paix s’est empressé de quitter les lieux. Jean-Gilles l’a ensuite poursuivi à l’extérieur, pieds nus, puis l’a roué d’une dizaine de coups au visage et au corps.

M. Beaudin a réussi à partir et a appelé les policiers. Il n’a pas été blessé gravement.

Connaissant bien Jean-Gilles, les policiers se sont rendus à huit chez lui. L’homme a d’abord refusé de sortir de sa résidence, puis est apparu «de façon précipitée», prenant les policiers par surprise.

Il a ensuite frappé un sergent-détective qui se trouvait près de lui. Atteint au cou, l’enquêteur a perdu connaissance quelques secondes. Les autres policiers ont réussi à maîtriser Jean-Gilles au sol, alors qu’il criait: «Fuck you pigs!»

«De toute évidence, il a de la difficulté avec l’autorité, surtout avec l’autorité policière», a indiqué Me Gilbert.

Elle a aussi rappelé que le travail d’huissier «n’est pas facile.»

«Ils font face à des gens qui ne sont pas nécessairement contents de les voir. Les agents de la paix doivent être capables de faire leur travail sereinement sans penser que leur sécurité pourrait être compromise», a-t-elle ajouté.

Jean-Gilles, qui se représente seul, n’a pas pris la parole. Il n’a offert aucune argumentation et n’a pas non plus souhaité consulter les documents déposés au tribunal par la Couronne. La juge Julie-Maude Greffe rendra sa décision le 25 mai prochain.


Le procès pour négligence criminelle dans l’affaire de l’attaque du pitbull de l’accusé devrait bientôt être fixé.