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Viol collectif: les trois accusés reconnus coupables d’agression sexuelle

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VICTORIAVILLE | Le verdict de culpabilité prononcé samedi matin par le jury a déclenché une pluie de sanglots dans la grande salle d’audience du palais de justice de Victoriaville. Parents et amis des trois jeunes hommes accusés d’agression sexuelle n’ont pu contenir leurs émotions.

Pierre-François Blondeau, 24 ans, Jean-Christophe Martin et Dominic Vézina, 23 ans, ont été reconnus coupables d’avoir eu des relations sexuelles répétées avec une adolescente de 15 ans dans la nuit du 24 au 25 octobre 2014, dans une loge du Complexe Sacré-Cœur, dans une Jeep, puis à l’Auberge Hélène.

Dominic Vézina.
Photo Yanick Poisson
Dominic Vézina.

La victime en est ressortie avec de nombreuses ecchymoses ainsi qu’avec des lésions aux parties génitales.

La tension était palpable alors que le président du jury s’apprêtait à prononcer le verdict.

Cris et pleurs

Jean-Christophe Martin
Photo Yanick Poisson
Jean-Christophe Martin

Au moment où il a prononcé le premier «coupable», les familles des accusés ont rapidement compris que les jurés avaient choisi de croire la victime. Le silence de mort qui régnait dans la salle a fait place à une vague de protestations, de cris et de pleurs. Même des membres du jury n’ont pu retenir leurs larmes.

Reconnus coupables d’agression sexuelle sur une victime de moins de 16 ans, les trois amis, menottés par les policiers, ont été emmenés vers les cellules.

«On t’aime», se sont exclamés à quelques reprises les parents des coaccusés au moment où leur fils quittait le tribunal. «Lâche pas, nous serons là à ta sortie», a ajouté un autre proche en guise d’encouragement.

Pierre-François Blondeau.
Photo Yanick Poisson
Pierre-François Blondeau.

Dominic Vézina et Jean-Christophe Martin ont été reconnus coupables d’agression sexuelle sur une victime de moins de 16 ans causant des lésions corporelles, un chef d’accusation pour lequel la peine minimale est de cinq ans d’incarcération. Pierre-François Blondeau, pour sa part, a été condamné pour agression sexuelle sur une victime de moins de 16 ans.

Bien qu’il n’y ait pas de peine minimale pour ce crime, le juge François Huot a tout de même cru bon de l’envoyer au cachot, confirmant qu’il opterait pour une peine d’emprisonnement dans son cas également.

Les avocats de Vézina et Martin entendent contester la constitutionnalité de cette sentence minimale devant le Procureur général du Québec. Ceux de Blondeau ont demandé la confection d’un rapport présentenciel.

Les parties ont fixé au 19 mai un rendez-vous par visioconférence en vue d’établir la date des observations sur la peine.

Consentement

L’enjeu du procès était de savoir si la plaignante avait consenti aux relations sexuelles et si les accusés avaient pris les précautions pour connaître l’âge de la victime. L’âge de consentement au Canada est de 16 ans.

Le procureur de la Couronne, Me Éric Thériault, s'était interrogé à savoir comment la présumée victime, âgée de 15 ans à l’époque, avait pu consentir consciemment à de tels sévices. Il avait suggéré que les six boissons alcoolisées et la métamphétamine consommées en cours de soirée par la plaignante avaient pu altérer son état de conscience et son jugement.

«Comment aurait-elle pu consentir à de telles lésions? C’était la première fois qu’elle prenait de la téquila et elle en a pris cinq. C’était aussi la première fois qu’elle prenait des méthamphétamines. La toxicologue est venue dire que ces drogues avaient un effet différent sur chaque personne. Elle n’était visiblement pas elle-même», avait avancé Me Thériault.

 

Un juré suspecté de parjure démis par le juge

 

Le juge François Huot a démis de ses fonctions l'un des jurés du procès pour agression sexuelle, la veille du verdict, et a demandé au ministère public d’ouvrir une enquête criminelle pour parjure.

Le juré no 9 manquait à l’appel au moment de condamner Pierre-François Blondeau, Dominic Vézina et Jean-Christophe Martin, samedi matin. En plus de ne pas respecter les directives du tribunal en matière d'isolement, il aurait menti sur ses antécédents criminels.

Antécédents

Lors de la sélection du jury, en amorce de procès, le juré en question avait indiqué n’avoir jamais eu de démêlés avec la justice. Or, il a admis avoir été condamné par le passé lorsque interrogé vendredi par le juge Huot. Les 11 autres membres du jury, qui délibéraient depuis cinq jours, n’ont mis que quelques heures à s’entendre après que le juré numéro 9 eut été écarté du processus.

Considérant qu’il y avait un juré en moins, les avocats des accusés ont demandé l'avortement du procès, ce que le magistrat a refusé. Il est probable qu’ils utilisent cette situation afin de porter la cause en appel.

«On va évaluer toutes les options», s’est limité à dire, à ce sujet, Me Maxime Roy, l’avocat de Jean-Christophe Martin.

 

Une nuit mouvementée

25 octobre

0 h 30 - Dominic Vézina et la victime, intoxiquée, se rendent dans la cuisinette du complexe, qui sert de loge. Pendant qu’ils ont une relation sexuelle, Pierre-François Blondeau et Jean-Christophe Martin entrent dans la cuisinette et se joignent à l’acte.

3 h - Vézina a une nouvelle relation sexuelle avec la victime dans le Jeep de Martin. À l’arrivée à l’Auberge Hélène, il cède sa place à Blondeau.

3 h 30 - Martin et Blondeau ont une relation sexuelle avec la victime dans la chambre d’hôtel.

26 octobre

La victime informe son patron qu’elle a peut-être été violée. Il la convainc de se rendre à l’hôpital afin de vérifier s’il y a des lésions.

La trousse médico-légale révèle des ecchymoses un peu partout sur son corps, notamment sur ses seins et ses fesses, ainsi que des lésions importantes aux parties génitales (vagin et anus).

La victime a porté plainte plusieurs jours plus tard, incitée par des travailleuses du CALACS.