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Cerné par les anges

Napoléon aux Invalides

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Les Invalides: ce grand ensemble de bâtiments fut construit à Paris par Louis XIV pour servir d’hôpital aux ­anciens combattants. Napoléon, dans ses vœux testamentaires, ­probablement par sympathie pour les ­militaires, avait dit vouloir reposer au bord de la Seine, auprès des Français qu’il a tant aimés.

Et après 19 ans sous la terre de l’île ­perdue de Sainte-Hélène chez ses geôliers anglais, voilà que la réconciliation entre l’Angleterre et la France du roi Louis-Philippe permet le rapatriement des restes de l’ancien empereur. Même si le pouvoir royaliste ne prisait guère la pério­de ­républicaine, puis impériale, où Napoléon avait été vénéré, il avait conscience du poids historique et de l’influence immense sur les consciences du petit caporal corse devenu empereur. Chose étonnante: après avoir passé presque 20 ans dans le cercueil, le corps de Bonaparte n’était pas ­décomposé... Voilà qui renforce la théorie de ceux qui prétendent qu’il a été empoisonné à l’arsenic par le marquis de ­Montholon, à la solde des Britanniques qui craignaient qu’il s’évade de nouveau et voulaient à tout prix le mettre hors d’état de nuire sans assumer l’odieux d’un assassinat ou d’une exécution.

Une fois le corps rapatrié à bord du ­bateau La Belle Poule, pas moins d’un ­million de personnes se sont massées le long du cortège funèbre pour l’acclamer. Victor Hugo, grâce à l’habileté de sa ­plume, a rapporté l’événement avec ampleur... ce qui était prémonitoire puisque Hugo lui-même aura droit plus tard à ce genre d’honneur populaire après sa mort.

Aujourd’hui, l’empereur repose dans un catafalque, c’est-à-dire un tombeau ­surélevé. Son lieu de repos n’est pas très «reposant»: des millions de gens ­passent par ici. Même Adolf Hitler, après sa conquête de la France en 1940, est allé se recueillir devant le catafalque de ­Napoléon, comme en transe, pour dire: «Je vais réussir là où tu as échoué en ­battant les Russes!» Mais ce n’est pas ce qui est arrivé: la «campagne de Russie» des Allemands, de 1941 à 1943, sera aussi catastrophique que celle des Français en 1812... et le commencement de la fin!

Aux Invalides, un musée, moins connu, honore la mémoire d’un autre géant de l’Histoire de France, plus récent celui-là: le général Charles de Gaulle.