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C’est qui le Peuple?

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Si personne ne s’entend sur la définition exacte de la «classe moyenne», comment peut-on savoir qui est membre full patch du Peuple? Ce Peuple que les Marine Le Pen et Donald Trump de ce monde disent mieux comprendre que quiconque?

Chose étonnante, car Marine Le Pen a grandi dans un château et le père de Donald Trump était riche.

Alors, c’est qui le Peuple? Les gens qui n’ont pas fini leur secondaire 5? Les admirateurs de Rambo Gauthier? Les travailleurs au salaire minimum? Les partisans de Québec solidaire? Les gens qui prennent l’autobus? Les chauffeurs d’autobus? Les endettés? Les édentés?

Les immigrants font-ils partie du Peuple? Bonne question.

Ce qui en amène une autre, qui appartient à l’élite, l’ennemie jurée du peuple?

Les gens d’affaires? Les Québécois qui écrivent sans fautes? Les propriétaires de duplex, de pontons ou de piscines creusées? Les gens qui gagnent plus de 50 000 $, 75 000 $? Les syndiqués CSN-FTQ? Les diplômés universitaires? Les magouilleurs? Les médias qui leur courent après?

À bas l’instruction ?

Donald Trump a dit qu’il aimait les gens peu instruits alors qu’il a étudié l’économie à l’ultra prestigieuse Wharton School de l’université de Pennsylvanie.

La semaine dernière, parlant avant Trump devant la National Rifle Association, son vice-président Wayne Lapierre a déclaré que les élites académiques étaient, avec les médias, «la pire menace à laquelle était confrontée l’Amérique».

Drôle de commentaire quand on sait que ça prend un membre en règle de l’élite académique pour réparer les trous de balle.

Faites ce que je dis, pas ce que je fais: Lapierre détient une maîtrise en sciences politiques de Boston College, une université jésuite privée et gagne 972 000 $ US. Mais lui, ça va, il sait ce qui est bon pour le Peuple: un gun.

Pour ou contre ?

Trouvez-moi un politicien ces jours-ci qui ne se vante pas de comprendre le Peuple, de défendre le Peuple, d’être avec le Peuple, pour le Peuple. (Ici, on dit classe moyenne.)

Quand autant de puissants s’intéressent à lui, le Peuple devrait dormir en gardant un œil ouvert. Dans l’histoire, le peuple a toujours été berné par les élites qui juraient ne vouloir que son bien: Robespierre, Lénine, Hitler, Staline, Mao, Peron, Chavez, etc.

Les élites populistes ont toujours recyclé les peurs légitimes du Peuple pour rendre acceptables leurs programmes toujours autoritaires, souvent racistes ou économiquement suicidaires, en lui mentant.

Aux États-Unis, Trump, le sauveur du Peuple, a promis de créer un système de santé meilleur qu’Obamacare (ils seront des millions le cul sur la paille), de construire un mur, de mettre fin à la dictature des lobbyistes et des banquiers et de ne pas s’impliquer dans les conflits étrangers. Il n’a rien fait de tout cela.

Le Peuple, désorienté, continue néanmoins de l’appuyer. Car, autre vérité inconfortable, le Peuple, malgré son aura d’authenticité, n’a pas toujours raison.