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Gagner un combat à une main

C’est l’exploit que David Lemieux a réalisé samedi contre Marco Reyes

Gagner un combat à une main
Photo AFP

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LAS VEGAS | David Lemieux n’était pas au sommet de sa forme contre Marco Reyes samedi soir au T-Mobile. Diminué par des blessures tôt dans le combat, il est encore parvenu à démontrer qu’il pouvait gagner avec une seule main.

De plus, il a réussi à gagner chaque round sur la carte des juges. Une preuve qu’il est maintenant un pugiliste complet et qu’il est en mesure de s’ajuster aux revirements lors d’un combat.

«Ça fait plusieurs fois que je boxe avec un bras en moins au cours de ma carrière, a confirmé Lemieux. Je l’avais fait contre Gabriel Rosado.

«J’ai réussi à gagner avec 50 % de mes capacités.»

Il n’a pas caché qu’il a souffert durant son affrontement contre Reyes.

«Ce n’est jamais le fun de frapper un adversaire lorsque c’est toi qui as plus mal que lui, a souligné l’ancien champion du monde. Quand j’ai lancé mon crochet de gauche au deuxième round, ça m’a fait mal tout de suite.

«Pour ceux qui pensent que l’adrénaline diminue l’intensité de la douleur, c’est un mythe. Je sens tout, surtout quand il s’agit de blessures aux mains.»

Sans compter qu’il ne pouvait monter sa garde. C’est pour cette raison qu’il a encaissé plusieurs coups de Reyes du côté gauche.

En contrôle

Du côté de l’entraîneur du boxeur, il a bien aimé le comportement de son poulain pendant le duel.

«Quand il a vu sa blessure réapparaître, il n’a pas paniqué et ses hommes de coin non plus, a indiqué Marc Ramsay. On a essayé de ralentir le rythme de l’affrontement.

«Par contre, c’est dur d’orchestrer des attaques de la main droite alors que ce n’est pas naturel pour David.»

Ramsay a indiqué que Lemieux n’a pas été en mesure de lancer un de ses coups favoris, le crochet de gauche au corps.

Pour ce qui est de la baisse d’énergie de son protégé entre les rounds 5 et 7, il n’a rien remarqué.

«Je crois davantage que c’était une question de créativité à l’attaque, a souligné Ramsay. Et ça passe presque toujours par la main avant. C’est comme cela que David peut enchainer avec de la puissance.

«Avec un bras en moins, ça enlève plusieurs possibilités. Malgré cette situation, David est demeuré concentré.»

Annuler le combat ?

La blessure à l’épaule gauche est apparue il y a deux semaines à l’entraînement. À un certain moment, le gérant de Lemieux a songé sérieusement à annuler le combat contre Reyes.

«On a pris le risque, a souligné Camille Estephan. Avant de prendre notre décision, on a voulu voir si David était en mesure de lancer des coups avec sa gauche. Ce fut assez concluant.»

Si Lemieux avait décidé de se retirer, il aurait perdu la coquette somme de 500 000 $ américains. Un aspect qu’il ne faut pas négliger même si la santé du boxeur passe en premier.

Dans le calepin

Les dirigeants d’Eye of the Tiger Management n’auront pas beaucoup de temps pour souffler. Dès leur retour à Montréal, ils devront s’affairer à la promotion de leur gala du 17 juin à l’Olympia. Simon Kean, Yves Ulysse fils et Steven Butler seront les vedettes de cette soirée.

David Lemieux prendra part à une tournée médiatique lundi. Par la suite, il bénéficiera d’un repos bien mérité. Dans le vestiaire après sa victoire, il a demandé à la blague à sa copine Jennifer Abel si elle pouvait faire sa célèbre recette de côtelettes d’agneau à la mijoteuse.

Pour le combat Alvarez-Chavez fils, le WBC avait conçu une ceinture spéciale pour célébrer la fête des Mexicains (Cinco de Mayo). Toutefois, en raison de la dispute qui perdure entre Alvarez et l’organisme de sanction, ce présent n’a pas été remis après l’affrontement.

L’entrée de Gennady Golovkin pour faire l’annonce de son duel contre Alvarez était digne de la WWE.

Le T-Mobile arena est un bel amphithéâtre, mais il soulève certaines questions sur le plan de la logistique. Tout d’abord, le nombre de toilettes semble insuffisant pour accueillir une foule de 18 000 spectateurs. Samedi, on a eu droit à de longues files tant du côté des hommes que des femmes. De plus, en raison de la présence de plusieurs centaines de journalistes, le réseau internet en a arraché pendant toute la soirée. Le collègue Réjean Tremblay peut en témoigner.