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Inondations : le bémol acerbe de Gaétan Barrette

De nombreux citoyens triment dur face aux inondations.
Photo Agence QMI, Joel Lemay De nombreux citoyens triment dur face aux inondations.

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Depuis des jours et dans certains cas, depuis des semaines, de nombreux Québécois vivent des inondations sans précédent pour eux.

Une épreuve exigeante, épuisante qui, même parfois, peut mener à la détresse physique et psychologique.

Plusieurs ont aussi tenté - ou tentent encore -, de préserver leur maison - et les souvenirs précieux qui s’y trouvent -, du mieux qu’ils le peuvent devant ces crues qui montent sans cesse. Parmi eux, combien n'ont même pas d'assurances?

La résilience de ces hommes et de ces femmes face aux éléments est tout simplement admirable. Dans certains cas, il faut néanmoins quitter les lieux quand ils deviennent trop dangereux.

Dans le cas de Rigaud, où plusieurs citoyens pataugent dans l’eau depuis des semaines dans l’indifférence, leur patience tient de l’exploit. C’est néanmoins à se demander pourquoi les autorités publiques ne les ont pas secourus bien avant.

Depuis quelques jours alors que les inondations se propagent, les pouvoirs publics se réveillent.

Dans ce Québec où, malgré le verglas de 1998, une véritable «culture» de la sécurité civile n’est toujours pas enseignée à l’école, ni imprégnée dans les «réflexes» politiques – le scandale de l’autoroute A-13 en fait foi -, les politiciens font maintenant de leur mieux.

Une fois les inondations domptées, il faudra toutefois avoir le courage de faire un véritable post-mortem des opérations - aurait-on pu intervenir avant et mieux? Aurait-on pu aussi faitre intervenir l'armée avant?

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Il y a bien sûr les inévitables «photo-ops» en bottes de caoutchouc, mais il y a aussi des élus qui, tous partis confondus, prennent dorénavant la pleine mesure de la situation.

L’aide concrète des premiers répondants, des bénévoles et des militaires est aussi très précieuse.

Comme lors du grand verglas de 1998, on voit également plusieurs cas de grande solidarité entre voisins. Dans tous les désastres, ici comme ailleurs, c’est le côté lumineux de l’humanité qui s’exprime.  

Le côté plus sombre se voit chez ceux qui en «profitent» littéralement. Soit pour voler des maisons abandonnées in extremis ou pour «fournir» des services urgents à gros prix.

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Pendant que le Québec s’active, que les citoyens affectés par les inondations s’épuisent à la tâche, que les militaires, les bénévoles, les policiers et les pompiers s'impliquent et que des élus travaillent au-delà des lignes partisanes, une exception s’est malheureusement fait lourdement entendre – celle de Gaétan Barrette, ministre de la Santé.

Le 6 mai, sur son fil twitter, en réponse à un gazouillis du député péquiste Pascal Bérubé félicitant le ministre de la Sécurité publique pour son appel à l’armée, le ministe Gaétan Barrette lui écrivait ceci :

«Merci de reconnaître le très grand avantage d'être au Canada, pays de solidarité face aux épreuves. Ensemble nous sommes plus forts!»

Comme quoi, baver un «séparatiste» en pleine épreuve nationale était plus important pour l’auguste radiologue-ministre que de lui montrer la même solidarité transpartisane en retour.

Quel mauvais spectacle que cette politique-pitbullesque dont Gaétan Barrette a fait sa marque de commerce. En pleines inondations, elle n’en devient que plus grotesque encore.

De toute évidence, le docteur Barrette n'a toujours pas compris à quel point, tous partis confondus, les gens ne veulent justement plus de ce «genre» de politique.

En juillet 2014, l’ex-ministre libéral de la Santé, Claude Castonguay, disait ceci du ministre Barrette : «Tout ce que j’ai à dire, c’est que c’est un grossier personnage avec lequel il n’est pas possible d’engager un dialogue civil».

En effet.