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«Il n’y a pas juste l’argent dans la vie» – Jacques Gauthier, fondateur du groupe Restos Plaisirs

Jacques Gauthier, fondateur des Restos Plaisirs, Christine Normand, directrice du Café du Monde et Francois Drouin, chef du Café du Monde.
PHOTO STEVENS LEBLANC Jacques Gauthier, fondateur des Restos Plaisirs, Christine Normand, directrice du Café du Monde et Francois Drouin, chef du Café du Monde.

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Le fondateur de Restos Plaisirs, Jacques Gauthier, aurait eu l’occasion de vendre l’entreprise en morceaux, il y a quelques années, mais il a préféré céder l’actionnariat à ses gestionnaires.

Bien qu’il reste «critique en chef» au sein de l’organisation, Jacques Gauthier, 72 ans, se fait plus discret que jamais.

«Je suis en train de passer le flambeau», raconte l’entrepreneur à la longue feuille de route.

Depuis quelques années, Pierre Moreau, PDG du groupe, agit comme actionnaire majoritaire et associé principal. Il est appuyé par 15 autres associés qui sont pour la plupart des chefs ou des directeurs de restaurant.

Donner au suivant

«C’est un choix que j’ai fait de transmettre l’entreprise à ceux qui l’ont façonné au fil des années», a ajouté M. Gauthier.

«Nous avons eu une réflexion lorsque mon associée Josée Hallé nous a annoncé qu’elle quittait. À ce moment-là, nous avons reçu quelques propositions de gens de Montréal qui voulaient nous acquérir. J’ai eu à réfléchir si je voulais profiter de ces offres-là ou continuer avec la gang.»

«Personnellement, j’ai commencé dans la restauration avec des gens qui m’ont donné une chance et je voulais faire la même chose. Il n’y a pas juste l’argent dans la vie. Je voulais poursuivre l’œuvre», a continué M. Gauthier qui cumule une longue feuille de route dans le milieu de la restauration.

Les offres qu’il a reçues autour de 2007-2008, l’auraient forcé à scinder l’entreprise en deux pour vendre le Cochon Digue d’un bord et le Café du Monde de l’autre.

D’hier à aujourd’hui

Lorsqu’il jette un regard en arrière, M. Gauthier estime que les tendances évoluent beaucoup plus rapidement.

«Les sources d’influence sont multiples. Avant, lorsqu’on avait une formule gagnante, on pouvait penser la garder pendant 10 ans, mais aujourd’hui, après deux ou trois ans, il faut se renouveler. Les gens voyagent. Ils sont sur internet. Ils cherchent la nouveauté.»

Le confit de canard, boudé par la clientèle aux débuts du Café du Monde, est devenu l’un des mets les plus populaires de l’établissement au fil des ans.

L’une des raisons qui expliquent, selon lui, les difficultés rencontrées par les restaurateurs réside dans le trop grand nombre de permis d’opération émis par la Ville.

Trop de permis?

«Il y a 2200 permis à Québec, ce qui fait un restaurant par 330 personnes. On se partage la clientèle. Oui, il y a du tourisme, mais ce n’est pas assez.»

M. Gauthier n’a pas l’intention de jouer les gérants d’estrade. Toutefois, rien ne lui ferait plus plaisir que de voir le groupe prendre de l’expansion à l’extérieur de la région de Québec. Avec 13 restaurants sous 7 marques, la tentation pourrait être forte à l’avenir d’aller conquérir de nouveaux marchés.

À mots couverts, M. Gauthier ne cache pas non plus son rêve d’ouvrir un restaurant de poissons à Québec.

«Je suis à la semi-retraite. Je m’occupe de la conception. Je fais les achats au niveau de la décoration. Je peux encore influencer», laisse-t-il entendre.

5,5 M$ d’investissements

La décision de quitter l’avenue Maguire après 25 ans n’a pas été facile à prendre. Restos Plaisirs a déjà annoncé qu’il quittait l’artère commerciale pour s’installer à Place Ste-Foy à compter du mois d’octobre.

«C’est un milieu qui nous a bien servis où l’on a développé une fidèle clientèle, mais c’est une rue qui est un peu en difficulté et nous avons eu une opportunité exceptionnelle à Place Ste-Foy. Ils nous voulaient. La restauration va faire partie intégrante maintenant des centres commerciaux», a-t-il poursuivi.

L’année 2017 sera marquante pour Restos Plaisirs, avec l’ouverture de deux restaurants Cochon Dingue dont un à Lévis (2,5 M$) et l’autre à Place Ste-Foy (plus de 3 M$).

De plus, pour souligner les 30 ans du Café du Monde, le groupe tiendra un cocktail dinatoire le 31 mai au profit du Pignon Bleu. L’événement réunira près 1 000 invités au Terminal de croisières.

Des dates importantes

  • 1979 : Fondation du Cochon Dingue (quartier Petit-Champlain)
  • 1987 : Acquisition du Cochon Dingue par Jacques Gauthier
  • 1987 : Fondation du Café du Monde
  • 1990 : Acquisition du Café du Monde par Jacques Gauthier et Josée Hallé sous l’entreprise Restaurants du Monde inc.
  • 2000 : Fusion entre Restaurants du Monde inc. et les restaurants Cochon Dingue pour devenir le Groupe Restos Plaisirs (qui s’appelle aujourd’hui Restos Plaisirs).