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Le consentement sexuel doit être expliqué aux ados

Valérie Théoret - UQAM
Photo courtoisie Valérie Théoret, chercheuse

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Les jeunes du secondaire devraient être sensibilisés à la notion de consentement dès le primaire, croit une chercheuse qui s’intéresse aux relations amoureuses chez les adolescents.

«À l’adolescence, les jeunes ont leurs premières relations. Il est donc important qu’ils comprennent ce qu’est le consentement, ce qui est acceptable ou non pour eux. Idéalement, cette éducation devrait commencer bien avant ces premières relations amoureuses ou sexuelles, soit dès le début du secondaire ou même avant», observe Valérie Théoret, étudiante au doctorat en psychologie­­, qui fera une présentation à ce sujet au colloque de l’ACFAS jeudi.

Cette réflexion fait suite à une enquête d’une équipe de chercheurs de l’UQAM, menée entre 2011 et 2014 auprès de jeunes du secondaire et selon laquelle 20 % des adolescentes en couple avaient vécu de la violence sexuelle dans la dernière année de l'étude.

Mme Théoret a décortiqué­­ les tactiques utilisées par certaines personnes pour obtenir une relation sexuelle non désirée par leur partenaire. Plus de 80 % des adolescentes qui ont été victimes de violence sexuelle ont rapporté avoir subi des pressions. Selon la chercheuse, cette coercition verbale pourrait être perçue comme étant davantage «socialement acceptable­­» chez les jeunes.

Pression non acceptable

«J’ai l’impression que l’utilisation de la coercition verbale est parfois moins abordée lorsqu’on parle de violence sexuelle. Pourtant, il s’agit de la tactique la plus souvent rapportée par les jeunes dans le contexte des relations amoureuses», a noté Mme Théoret.

«Les jeunes doivent comprendre que, tout comme pour l’utilisation de la force physique ou de substances, il n’est pas acceptable d’utiliser des arguments ou des pressions pour avoir des relations sexuelles ou des contacts sexuels avec son partenaire lorsque celui-ci ne le veut pas», a-t-elle ajouté.

Selon elle, le retour des cours d’éducation sexuelle dès le primaire permettrait de mieux sensibiliser les jeunes à la violence sexuelle. L’étude a été réalisée auprès­­ de 8000 étudiants de 14 à 18 ans dans 34 écoles du Québec.

La moitié d'entre eux disent avoir été en couple dans la dernière année. Outre les pressions verbales, des jeunes filles disent avoir été intoxiquées et avoir subi une force physique. Près de 6 % des garçons affirment avoir vécu de la violence sexuelle dans la dernière année.