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Réseau scolaire: Un mode de répartition pour les élèves dénoncé

GEN-JOSÉE BOUCHARD
Simon Clark/Agence QMI La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard.

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Québec veut accorder davantage d’autonomie aux écoles l’an prochain, mais la manière d’attribuer l’argent frais est décriée par les commissions scolaires et des syndicats d’enseignants qui déplorent que les grosses écoles soient désavantagées au profit des plus petites.

La présidente de la Fédération des commissions scolaires du Québec (FCSQ), Josée Bouchard, ne décolère pas. «C’est un virage très inquiétant, ça va créer des distorsions épouvantables. En 20 ans dans le réseau de l’éducation, je n’ai jamais vu ça», lance-t-elle.

Au cours des derniers jours, Québec a transmis au réseau scolaire son projet de règles budgétaires pour 2017-2018 qui précisent de manière très détaillée comment les nouvelles sommes annoncées dans le budget seront octroyées l’an prochain. Ce document est en consultation et sa version finale n’a pas encore été adoptée. Dans son dernier budget, Québec a promis l’embauche de 1500 personnes supplémentaires, notamment pour donner un coup de pouce aux élèves de maternelle et de première année.

« À contresens »

Or une partie de l’argent frais sera octroyé par école et non per capita, c’est-à-dire selon le nombre d’élèves. Les sommes permettront d’embaucher un technicien en éducation spécialisée une journée par semaine, que l’école compte un ou quatre groupes de maternelle.

Selon les calculs de la FCSQ, une école de 63 élèves recevra l’équivalent de 1530 $ par enfant alors qu’une école de 148 élèves recevra plutôt l’équivalent de 224 $ par enfant.

Cette méthode d’attribution est aussi dénoncée par la Fédération des syndicats de l’enseignement. «Elle est où, l’équité pour l’éducation au Québec? Ça va à contresens de ce qu’on a choisi de faire. On doit donner la même chance à tous les élèves», affirme sa présidente, Josée Scalabrini.

Au ministère de l’Éducation, on explique que ce mode de répartition vise à donner un «plancher de services» dans l’ensemble des écoles et que la décision finale reviendra au ministre de l’Éducation, Sébastien Proulx, à la suite de cette consultation.

Davantage d’autonomie

De son côté, la Fédération des directions d’établissement d’enseignement reconnaît que cette façon de faire avantage les petites écoles. Sa présidente, Lorraine Normand-Charbonneau, affirme toutefois qu’en regardant l’ensemble de la situation, la répartition reste équitable puisque d’autres mesures financées per capita avantagent les grandes écoles.

Cette dernière se réjouit de constater que Québec veut continuer à donner davantage de flexibilité aux écoles. En 2017-2018, le ministère propose de décentraliser 3,5 % du budget en l’envoyant directement dans les écoles, plutôt que les commissions scolaires, comparé à 2 % l’an dernier.