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Financière Power appuie toujours Marc Bibeau

Les révélations d’une enquête de l’UPAC sur lui ne semblent avoir rien changé

Marc Bibeau
Photo d'archives Marc Bibeau, décrit comme le grand argentier libéral sous l’ère Charest, était responsable notamment du financement sectoriel visant les entreprises.

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La Financière Power recommande à ses actionnaires de renouveler le mandat de Marc Bibeau au conseil d’administration, et ce, malgré la révélation d’une enquête de l’UPAC sur l’ex-argentier libéral.

Le nom de Marc Bibeau apparaît dans la liste des 12 administrateurs que le conseil de la Financière a soumis aux actionnaires pour approbation dans les dernières semaines. L’assemblée annuelle a lieu aujourd’hui à Toronto.

C’est Paul Desmarais Jr. et André Desmarais, grands patrons de Power Corporation, qui sont coprésidents du conseil de la Financière Power. Marc Bibeau est membre du conseil depuis 2009.

Les documents soumis aux actionnaires ne détaillent pas les raisons du choix de la Financière. On peut toutefois lire que «le conseil a pour objectif de proposer les meilleurs candidats en vue de leur élection au conseil».

Aussi sur un comité

En plus de siéger au conseil d’administration, Marc Bibeau siège au comité d’audit de la compagnie. L’an dernier, il a été élu avec 99,9 % des votes.

Le porte-parole de Power Corporation, Me Stéphane Lemay, n’a pas répondu à trois courriels envoyés vendredi, mardi et hier pour dire si la révélation d’une enquête de l’Unité permanente anticorruption (UPAC) sur Bibeau amenait la Financière à reconsidérer son appui.

L’avocat de Marc Bibeau, Me William Brock, n’avait pas répondu à un courriel, hier, en fin de journée.

L’ex-premier ministre Jean Charest et l’ex-grand argentier libéral Marc Bibeau ont fait l’objet de surveillance policière au moins jusqu’en 2016, dans le cadre d’une enquête sur les liens entre le financement politique et l’octroi de contrats publics, révélait notre Bureau d’enquête la semaine dernière.

Perquisitions

Des entreprises reliées à Marc Bibeau ont également été perquisitionnées en 2016. Revenu Québec soupçonne deux entreprises liées à ce dernier d’avoir trafiqué leurs livres comptables pour payer moins de taxes.

Le nom de Marc Bibeau revient souvent dans le rapport de la commission Charbonneau déposé en 2015. Le rapport mentionne notamment le témoignage de l’ingénieur Georges Dick, qui dit avoir été victime d’une tentative de trafic d’influence de la part de Marc Bibeau.

Dans un autre passage, Robert Benoît, ancien président du Parti libéral, dit avoir été victime de pressions de Bibeau pour recueillir de l’argent, sous peine de ne pas avoir droit à une nomination.

En 2013, l’UPAC avait déjà ouvert une enquête concernant des travaux effectués à la luxueuse résidence de Suzanne Bibeau, la sœur de Marc Bibeau.

Le directeur général de la commission scolaire de la Seigneurie des Mille-Îles a affirmé de son côté à la police avoir fait l’objet de pressions pour que son organisation renouvelle son bail avec une entreprise de Bibeau en 2009.

«J’ai reçu un appel d’une personne dont je désire garder l’anonymat à l’effet que Dan Gagnier, chef de cabinet du premier ministre, passait un message sur le fait que je devrais lâcher prise dans ces négociations avec Marc Bibeau, car ça pouvait aller mal pour moi, point de vue professionnel», a-t-il déclaré.

Marc Bibeau a toujours rejeté les allégations formulées contre lui et ne fait à ce jour l'objet d'aucune accusation.

La Financière Power, active dans l’assurance et les services financiers, affirme sur son site internet qu’un «solide fondement d’intégrité et de conduite éthique [...] est essentiel à [son] succès».

«M. Bibeau apporte [...] à notre Conseil une expérience et des compétences précieuses, et nous apprécions sa contribution», déclarait en 2015 le porte-parole de Power.

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