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La nouvelle extrême gauche

Il ne faut pas se soumettre aux délires de la nouvelle extrême gauche

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Il y a quelques jours, Le Journal a fait écho aux conférences de plus en plus fréquemment annulées dans nos universités. Des groupuscules anarchistes ne tolèrent pas la présence, dans les universités, de personnes associées à un courant idéologique qu’ils réprouvent.

Ils veulent décider qui aura droit de parole et qui ne l’aura pas. Ils promettent des perturbations.

C’est une forme de terrorisme intellectuel. On ne critique pas les idées avec lesquelles on est en désaccord: on les empêche de s’exprimer.

Censure

Décryptons la vision du monde qui alimente ce fanatisme.

C’est celui de la nouvelle extrême gauche.

Et contrairement à ce qu’on pense, elle n’est pas marginale.

Elle couve dans nos universités. J’ajoute que plusieurs professeurs qui font passer leur militantisme idéologique pour du travail académique encouragent son développement.

Sa vision du monde est bizarrement structurée. La nouvelle extrême gauche voit du racisme et du sexisme partout.

Au centre de son univers fantasmé, il y a l’homme blanc hétérosexuel. C’est le vilain absolu. Le salaud intégral. Le méchant universel. Il se serait approprié le monde. Il serait bardé de privilèges.

L’heure serait venue de le renverser. Contre lui, tout est permis et il ne devrait jamais s’en désoler. Ceux qui se font censurer ne devraient pas s’en plaindre, parce que ce sont des dominants.

Il faudrait voir dans la protestation contre leur prise de parole une résistance des dominés. En gros, pour peu que vous teniez un discours victimaire, vous serez encensé lorsque vous ferez taire vos contradicteurs.

Inversement, l’heure serait venue des minorités-victimes qui devraient justement se libérer de l’emprise de l’homme blanc dominant.

À ceux qui se réclament de ces minorités-victimes, on pardonnera tout.

Par exemple, la nouvelle extrême gauche se réclame de l’antiracisme. Mais c’est une fraude intellectuelle. Elle est la première à enfermer les gens dans leur origine «raciale» et à penser la société en termes de «races».

D’autres, dans la nouvelle extrême gauche, se réclament d’une version extrémiste du féminisme et jouent à la guerre des sexes.

Sa stratégie préférée, c’est l’injure.

Si vous critiquez le multiculturalisme, on vous traitera de raciste.

Si vous critiquez le féminisme radical, on vous accusera de défendre le patriarcat.

On pourra aussi vous coller des phobies: xénophobe, islamophobe, homophobe, transphobe. Et ainsi de suite.

Dans l’université, ceux qui s’opposent à la nouvelle extrême gauche sont diabolisés.

De peur de subir une campagne de salissage de sa part, ils sont nombreux à développer des réflexes d’autocensure.

Ils se taisent. Ils ont appris que, pour faire carrière, il faut réciter les bonnes prières.

Résistance

L’heure est venue de contre-attaquer intellectuellement et de faire cesser l’intimidation idéologique.

Il ne faut pas se soumettre aux délires de la nouvelle extrême gauche.

Il est temps de s’opposer à elle frontalement pour regagner notre liberté d’expression.

Il est temps de dénoncer la complaisance médiatique à son endroit.

Il faut rappeler les vertus de la tolérance, accepter la diversité des idées, condamner la censure.