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L’avenir des partis politiques

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Photo AFP Notre société atomisée du «je, me, moi» attire au pouvoir des gens comme Donald Trump.

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Le cynisme qui affecte actuellement les citoyens en Occident donne lieu à de curieuses conclusions­­.

À vrai dire, la montée des extrémismes, qui permettent à des personnages comme Donald Trump d’accéder à la présidence de son pays, au Front national­­ de Marine Le Pen et au mouvement des Insoumis de Jean-Luc Mélanchon en France de cumuler plus de 40 % des appuis à l’élection présidentielle, désarçonne, inquiète, et plonge dans la perplexité tous ceux qui partagent une certaine idée de la politique.

Qu’Emmanuel Macron ait réussi en 18 mois à se propulser à la tête de son pays avec son mouvement En Marche!, prouvant ainsi l’échec des partis politiques traditionnels, en amène plusieurs à conclure à la mort de ceux-ci.

C’est la conviction de mon confrère et ami Richard Martineau qui, avec son style à l’emporte-pièce, tire à boulets rouges sur ces institutions qui encadrent la démocratie. Joseph Facal, ex-ministre, croit plutôt qu’il faut cesser de laisser des politiciens professionnels nous gouverner.

Individualisme

Or, ce ne sont pas les partis politiques qu’il faut abattre. On ne doit pas non plus s’imaginer que les politiciens professionnels sont la cause première­­ de notre désaffection pour les partis politiques. Si ces derniers­­ semblent englués dans une immobilité qui nous atterre­­ et nous révolte, c’est qu’ils reflètent l’image de la culture actuelle où l’individualisme impose ses droits, ses lois et fait fi de ce qui a permis à des héros tels de Gaulle, Churchill, Adenauer, Nehru et Kennedy de faire le sacrifice de leur personne au nom du bien commun.

La société atomisée du «je, me, moi» qui est nôtre attire au pouvoir des gens comme Donald Trump, qui a littéralement kidnappé le parti républicain pour ses propres intérêts. Il ne faut donc pas s’attendre à ce que des personnalités charismatiques, mais individualistes, puissent se sacrifier et se désintéresser entièrement de leurs intérêts personnels­­.

Si les partis politiques sont morts ou moribonds, comment et par quoi allons-nous les remplacer? En démocratie représentative­­, le citoyen n’est même pas obligé de participer aux élections. C’est son droit de ne pas voter. Comme c’est son droit de se comporter avec un minimum de civilité à condition de respecter­­ la loi.

Rôle des partis

Les partis politiques permettent de véhiculer­­ les idées, de canaliser les convictions, de porter un projet partisan que la population dans sa souveraineté appuie ou rejette. Ils manquent cependant à leurs responsabilités lorsque leurs militants les détournent de leurs objectifs annoncés en les pervertissant.

Les politiciens donnent trop souvent, hélas, un spectacle désolant en affichant non seulement leurs luttes intestines, mais en laissant leur ambition et leur aveuglement militant entacher l’insti­tution dont ils se réclament.

Les partis politiques offrent des choix aux conséquences collectives. Les militants de toutes tendances souvent s’éloignent­­ des desiderata des électeurs. Si aujourd’hui le peuple crie sa colère, les partis politiques doivent faire leur mea culpa. Car la rue saura s’offrir aux extrémistes.