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Adieu, les Ursulines

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Les Ursulines vont quitter leur monastère du Vieux-Québec. Elles étaient dans la vieille ville depuis le début du 17e siècle.

Leur monastère sera converti pour le service à la communauté.

En un sens, ce départ peut sembler inévitable. Cette communauté religieuse était très vieillissante.

Inévitable

L’Église catholique ne se contente pas de décliner, au Québec: elle meurt.

Les Québécois ne croient plus en leur religion et ne la pratiquent plus.

Ils ne s’y rattachent qu’à travers certains rituels comme le baptême, le mariage et les funérailles, auxquels ils prêtent une portée surtout folklorique.

Au mieux, ils confessent une tendresse pour la religion de leurs grands-parents tout en maudissant ses excès.

De la même manière, l’Église n’attire plus que de rares vocations. Qui veut une vie de prêtre, de moine ou de religieuse aujourd’hui?

Quelqu’un qui annoncerait à sa famille entendre l’appel pour la vie religieuse passerait aujourd’hui pour fou ou déséquilibré. On lui demanderait pourquoi il renonce aux délices de la vie moderne.

On ajouterait: la vie spirituelle n’a plus à se mouler dans les formes trop étroites du catholicisme.

Religion

Qui sait? Chose certaine, je ne suis pas de ceux qui vomissent les grandes religions. Elles peuvent étouffer, certes, mais elles peuvent élever l’âme et semer de la beauté dans le monde.

Elles peuvent même libérer ceux qui s’y convertissent, dans la mesure où ils y trouveront peut-être l’occasion d’un renouveau existentiel ou, comme on dit aujourd’hui, d’un nouveau départ.

Le départ des Ursulines est paradoxal. Il nous rappelle l’importance vitale du catholicisme comme tradition culturelle et religieuse au Québec.

Il nous rappelle aussi que le Québec n’est plus capable d’alimenter cette tradition, qu’il y devient étranger, qu’elle n’est peut-être plus qu’un souvenir.

Il n’y a pas de raisons de cacher notre tristesse devant cet arrachement à nos racines les plus profondes.