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Pulsions cannibales

Film Grave
Photo courtoisie L’actrice Garance Marillier dans une scène du film d’horreur français Grave.

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Amour, sexe, sang et cannibalisme... Avec un tel programme, il n’est pas surprenant que le film d’horreur français Grave ait provoqué des réactions de toutes sortes depuis qu’il a été lancé au Festival de Cannes, l’an dernier. Après avoir fait sensation en France, le film phénomène de la réalisatrice Julia Ducournau sera présenté pour la première fois au public québécois vendredi soir au Centre Phi.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que Grave ne laisse personne indifférent. Il y a un an, l’étonnant premier long ­métrage de la Française Julia ­Ducournau séduisait la Croisette avec son mélange d’horreur, de comédie et de drame adolescent, servi sur fond de ­cannibalisme.

Quelques mois plus tard, le film ­provoquait des réactions bien différentes au Festival de Toronto alors que certains spectateurs se seraient évanouis ­pendant la projection de certaines scènes difficiles à regarder.

Grave raconte l’histoire de Justine ­(Garance Marillier), une adolescente issue­­ d’une famille de végétariens qui fait son entrée dans une école ­vétérinaire où sa sœur aînée étudie. Lors d’une séance d’initiation, Justine est forcée à manger de la viande crue pour la première fois de sa vie. Contre toute attente, elle y prendra goût et cette découverte réveillera en elle des ­pulsions inattendues.

«Les gens ont beaucoup parlé du thème du cannibalisme, mais pour moi, c’est ­utilisé comme une métaphore, une façon de montrer une fille qui se découvre et qui essaie de contrôler ses pulsions, ­explique l’acteur montréalais Laurent Lucas, qui joue le rôle du père des deux sœurs.

«Personnellement, je ne vois pas Grave uniquement comme un film d’horreur. C’est un film d’auteur qui a une vraie signature unique. Ce qui m’a frappé, c’est la grande liberté du film. Au cinéma, on n’a pas l’habitude de voir deux jeunes filles se ­comporter avec ­autant de liberté.»

Organique

Laurent Lucas, un ­acteur français qui vit à Montréal depuis une quinzaine d’années et qui partage son temps entre des plateaux de tournage français et québécois, n’a pas été surpris de ­l’accueil dithyrambique qu’a reçu ­Grave lors de sa première mondiale, à la Semaine de la critique du Festival de Cannes.

«Je connaissais la qualité du projet et j’avais vu (la réalisatrice) Julia à l’œuvre sur le plateau de tournage, alors ça n’a pas vraiment été une ­surprise pour moi, admet-il.

«Ce qui m’a un peu étonné, par contre, c’est de voir un film français étiqueté “fantastique” obtenir des critiques si élogieuses. Souvent, les films français sont moins bien reçus dans la presse que les films asiatiques, par exemple. Les gens ont tendance à préférer ce genre de film quand il y a un côté ­exotique qui vient avec.»

En découvrant Grave pour la ­première fois, Laurent Lucas dit avoir été lui-même surpris par le côté ­organique et très charnel du film.

«C’est quelque chose que je ne ­pouvais pas deviner en lisant le scénario. Grave a quelque chose de très sensoriel. Dans certaines scènes, on sent presque le sang ou le sexe. Je trouve que ça amène le film à un autre niveau. J’ai rarement vu un film dans lequel on se sent si proche des corps des personnages, sans que ce soit quelque chose de sexuel. C’est quelque chose que ­plusieurs cinéastes ­tentent souvent de faire, mais ne réussissent pas toujours. Et je trouve que ­Julia, elle, a réussi à amener cette dimension-là à son film» ­explique l’acteur­­ du film Harry, un ami qui vous veut du bien


♦ Le film Grave sera présenté vendredi (le 19 mai) à 19 h 30, en avant-première montréalaise. Laurent Lucas sera sur place pour présenter le film.