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Ses beautés épargnées par le printemps arabe

Libye désertique

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En 2006, pour Noël, je me suis enfui du Québec pour aller me perdre dans un pays fermé et ­dirigé alors par un dictateur flamboyant: Mouammar ­Kadhafi. D’immenses affiches le montraient avec ses verres fumés et le regard tourné vers le haut.

On ne se doutait pas que, cinq ans plus tard, à la faveur du printemps arabe, Kadhafi serait renversé... Pas seulement par son peuple, mais avec l’aide des armées ­française et ­britannique, trop contentes de se ­débarrasser de cet exaspérant ­personnage.

N’entrait pas là qui voulait... J’ai dû aller à deux ou trois reprises au bureau consulaire libyen situé à Saint-Laurent pour obtenir un visa. Chaque fois, on rouspétait au sujet de la photo, d’une chose ou d’une autre, on cherchait des problèmes... À Tripoli, ironie du sort, le ­douanier n’a même pas daigné ­examiner mon visa!

Une fois entrés, le ministère des Affai­res extérieures nous a ­attribué des guides s’exprimant bien en ­français et fort éduqués.

La Libye était le pays le plus ­éduqué d’Afrique du Nord. Malgré ses défauts, Kadhafi, émule de ­Castro, misait sur l’éducation. Les femmes étaient nombreuses, ­parfois majoritaires, à l’université. Cuba, par ailleurs, prêtait des méde­cins aux Libyens, sans doute en échange de pétrole.

Une fois la capitale visitée de long en large, une ville grise et laide, j’ai noté que, malgré la main de fer du chef, les trottoirs étaient sales. Il y avait des déchets partout. Je me souviens de m’être dit que, ­franchement, tant qu’à contrôler un peuple pour le maintenir dans la docili­té, aussi bien l’obliger à ­ramasser ses déchets, non?

Puis, nous avons plongé dans le désert. Contrairement aux autres pays du Maghreb, les pétrodollars ont changé la vie des Libyens du désert, dont la hausse du niveau de vie a éliminé les caravanes de ­dromadaires.