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Un autre terrain pour le promoteur du YUL

terrain vague
Photo Chantal Poirier À 27,5 M$, Kheng Ly a payé près de deux fois l’évaluation municipale pour ce terrain de 40 000 pi2, au pied de son projet tours jumelles YUL.

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Kheng Ly et ses partenaires viennent de payer 27,5 M$ pour acheter l’un des derniers sites à construire au centre-ville de Montréal. Depuis 2010, l’homme d’affaires au passé trouble a acquis avec des associés pour près de 70 M$ en terrains.

Durant les années 2000, Kheng Ly exploitait des centres d’encaissement de chèques, ce qui lui a valu de gros ennuis avec la justice. Puis à partir de 2010, le promoteur d’origine sino-cambodgienne s’est lancé en immobilier, multipliant les transactions à Laval, Boisbriand, Ahuntsic et Notre-Dame-de-Grâce, mais surtout au centre-ville de Montréal.

Au cœur de la métropole, Ly construit en ce moment une tour de 19 étages et 176 appartements sur la rue Stanley, en plus de la première des deux tours de 38 étages du YUL, qui abriteront 800 condos au total.

Son Groupe Brivia misera ensuite sur son nouveau terrain, boulevard René-Lévesque Ouest, juste à l’ouest. Ly n’a toutefois pas voulu dévoiler ses plans tout de suite.

«Nous sommes à développer un projet immobilier, mais il est encore trop tôt pour en donner les détails», écrit son porte-parole, Pierre Tessier.

Kheng Ly multiplie les projets au centre-ville de Montréal. En plus du projet YUL, boulevard René-Lévesque, il construit la tour d’appartements StanBrooke, rue Stanley.
Photo courtoisie
Kheng Ly multiplie les projets au centre-ville de Montréal. En plus du projet YUL, boulevard René-Lévesque, il construit la tour d’appartements StanBrooke, rue Stanley.

Le promoteur hyperactif s’est allié à la famille Yip des Aliments Kim Phat, mais surtout au groupe chinois Gansu Tianqing Real Estate. En octobre 2014, Ly profitait d’une visite dans l’Empire du Milieu, avec la délégation du premier ministre Philippe Couillard, pour annoncer cette alliance.

Le financement pour l’achat du terrain provient de la Corporation Prêts hypothécaires Ace, dont l’ancien ministre de la Justice au fédéral Irwin Cotler est un actionnaire indirect.

Encaissement de chèques

Sur son site Web, le nouveau propriétaire raconte avoir survécu au régime des Khmers rouges du Cambodge, avant d’émigrer au Vietnam, puis à Montréal, où il a fondé «sa propre entreprise de textile». Il passe toutefois sous silence tout un pan de sa carrière, qui l’a amené aux portes de la prison: les centres d’encaissement de chèques.

En 2004, il a été accusé de blanchiment d’argent pour le compte d’un réseau asiatique de trafic de drogue. La procureure a abandonné les accusations contre lui, mais un employé de Ly a purgé une peine de 16 mois de prison.

Dans une déclaration conjointe des faits produite à la cour, la Couronne affirme cependant que Ly discutait directement avec la chef des trafiquants à Ottawa, Mai Le, au sujet d’encaissement de chèques en échange d’argent liquide.

«Kheng Ly lui dit qu’il enverrait les chèques le jour même et qu’un d’entre eux pouvait être encaissé immédiatement, alors que les deux autres pourraient l’être lundi», mentionne par exemple le document.

Le promoteur n’a jamais expliqué cet épisode. «Les allégations à l’endroit de M. Ly en 2004 ont été retirées à la demande de la Couronne, dégageant ce dernier de toute responsabilité, dit son porte-parole Pierre Tessier. Par conséquent, le dossier est clos et M. Ly contribue plus que jamais aujourd’hui à la vitalité du marché immobilier montréalais.»

Profit de 10 M$ pour les Qataris

Le vendeur du nouveau terrain de Ly, Promotrans inc., avait mis la main dessus en 2012 pour un peu plus de 16 M$. La compagnie vient donc de réaliser plus de 10 M$ en profits.

Selon le registre des entreprises du Québec, Promotrans appartient à un trio d’investisseurs du Qatar, incluant les hommes d’affaires Gnanim Sultan Al Kuwari et Wael Shtayyeh, dirigeants d’Investment Holding Group, un grand groupe de construction de l’émirat.