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Abolissons la fête des Mères

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À la question que j’ai posée sur Facebook, «Dans le cas d’une famille de classe moyenne, qu’est-ce qui vaut mieux pour le développement d’un enfant entre 0 et 5 ans, un parent à la maison ou le CPE?», seulement 40 répondants sur 113 ont choisi «parent à la maison», sans condition.

«Le développement mental, social et culturel est souvent mieux favorisé en CPE.» «... c’est loin d’être idéal qu’une mère passe toute sa journée seule avec son enfant... ils ont besoin d’une saine distance.» «Toujours CPE. Ça change complètement un enfant!» «CPE pour plus de stimulation.» «Les CPE seront toujours mieux, peu importe la classe sociale.» «CPE pour que l’enfant n’ait pas l’image d’une mère qui ne travaille pas.» «CPE... c’était l’avis de notre pédiatre qui a vu parfois des retards, comme le langage, chez des enfants restant à la maison.» «Au domicile, risque de former un enfant-roi.»

Mais que faisait l’humanité avant que Mme Marois n’invente les CPE?

À la proposition, que je soutiens à 100 %, que l’État verse aux familles qui choisissent de rester à la maison l’équivalence du coût d’une place en CPE, cette réaction de la part d’un jeune homme m’a sciée en deux: «Moi qui travaille dur, j’ai pas à payer pour les lâches.»

Dérive féministe

La fête des Mères, c’est pas mon truc. La mienne est décédée quand j’étais adolescente. Fille unique, elle m’avait mise en pension à 6 ans, mais je n’ai que des souvenirs heureux de ma petite enfance dans ses jupes.

Devenue maman dans les années 1980, j’ai cru aux promesses du féminisme de la performance qui dictait que les femmes pouvaient et devaient tout avoir en même temps: une brillante carrière, 1,8 génie sachant lire à sept mois, tenir maison comme Martha, cuisiner comme Marilou, être en forme comme Josée Lavigueur, un mari qui lave la cuvette des toilettes en sifflotant et une attitude zen 24/7.

«Juste à confier vos bébés à des étrangers. C’est bon pour eux et mieux pour vous.» Mes filles sont entrées en garderie à trois mois. Je le regrette.

Ce n’était même pas une question de liberté de choix: les femmes qui restaient à maison passaient, surtout aux yeux des femmes qui travaillaient, pour des cruches justes bonnes à faire gaga-gougou du matin au soir. La dévalorisation de la maternité était enclenchée.

Et la détresse, bordel ?

Plusieurs études universitaires, notamment en Angleterre, tendent à démontrer l’existence d’un lien entre la fréquentation de la garderie et des troubles du comportement, notamment l’hyperactivité, chez certains enfants. Mais aborder ce sujet est tabou. L’orthodoxie féministe bloque toute discussion sérieu­se sur la famille traditionnelle, cette horreur.

Quand la moitié des unions finissent en rupture, rester à la maison et faire des biscuits pour les enfants qui reviennent de l’école est une décision qui ne se prend pas à la légère. Mais entre croire que les CPE et autres garderies assurent un meilleur développement chez l’enfant que la cellule familiale, il doit bien y avoir une place pour la vérité?

Bonne fête à toutes les mamans.