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La mamma

La mamma
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Romain Gary a une phrase magnifique sur les mères dans son livre culte, La promesse de l’aube.

«Avec l’amour maternel, la vie vous fait à l’aube une promesse qu’elle ne peut tenir. On est ensuite obligé de manger froid jusqu’à la fin de ses jours.»

En d’autres termes: jamais dans votre vie vous ne connaîtrez d’amour aussi incon­ditionnel que celui de votre mère.

Quatre AS

Il y a de mauvaises mères, certes, comme il y a de mauvais pères.

Des mères hystériques, des mères froides, distantes, aigries.

Des mères étouffantes et castratrices, comme la mère de l’opéra rock The Wall, de Pink Floyd.

«Mama's gonna make all your nightmares come true / Mama's gonna put all her fears into you.»

«Mama's gonna keep you right here under her wing / She won't let you fly, but she might let you sing.»

Mais quand vous tombez sur une bonne mère, c’est le jackpot!

«Elle avait des yeux où il faisait si bon vivre que je n’ai jamais su où aller depuis», d’écrire Gary dans son livre.

Bon, l’auteur de La vie devant soi exagérait peut-être, il souffrait probablement d’un solide complexe d’Œdipe non résolu, une petite visite chez Freud lui aurait fait le plus grand bien, mais vous voyez ce qu’il voulait dire.

Quand tu as la chance d’ouvrir les yeux dans les bras d’une mère aiman­te, tu pars bien dans la vie.

Tu as une longueur d’avance sur tout le monde.

Tu as quatre as et deux jokers dans ton jeu. Il ne tient qu’à toi de bien jouer tes cartes...

Sans condition

Oubliez les assurances Bélair, la vraie police qui pardonne, c’est votre mère.

Tu as beau faire des conneries et te conduire comme un parfait imbécile, tu seras toujours un prince aux yeux de ta mère.

C’est sûrement ce que voulait dire Romain Gary: cette indulgence, ce dévoue­ment, cette clémence à la limi­te de l’aveuglement, tu ne retrouveras plus jamais ça dans ta vie.

Aucune autre personne ne posera un regard aussi attendri sur toi.

Alors, profites-en pendant que ça passe!

Je dis souvent en rigolant que j’étais italien dans ma vie précédente. J’aime tout de l’Italie: la bouffe, le ciné­ma, le design, les autos, la musi­que... (Rien de mieux qu’écouter de la pop italienne en conduisant, ça sent l’été, les pêches blanches, le limoncello et ça transforme les paysages les plus ternes en côte amalfitaine. Tu as le cafard? Mets Sarà perché ti amo à plein volume, les nuages disparaîtront instantanément...).

Il y a un autre trait culturel que j’aime des Italiens: le respect qu’ils vouent à leur mère.

La mamma est au cœur de leur vie.

Aux petits oignons

Tiens, c’est une idée... Et si, pour la fête des Mères, on faisait comme les Italiens, aujourd’hui?

Traiter notre maman comme une mamma — aux petits oignons.

On se remet de la mort d’un père, mais la mort d’une mère (si c’était une bonne mère, bien sûr) doit être extrêmement difficile à vivre.

Alors si la vôtre est encore vivante, remerciez-la d’avoir fait briller un si beau soleil à l’aube de votre vie.

Elle qui est rendue au crépuscule de la sienne.