/news/health
Navigation

Les meilleures infirmières du Québec: l’ange gardien des nouveaux parents

L’infirmière Renée Godin veille sur les nouveaux-nés et leurs familles depuis 27 ans

Renée Godin infirmière néonatalité Trois-Rivières
Photo Pierre-Paul Biron Renée Godin tenant dans ses bras le petit Charles, âgé d’une semaine à peine.

Coup d'oeil sur cet article

TROIS-RIVIÈRES | À travers les milliers de familles qu’elle a accompagnées depuis le depuis de sa carrière en néonatalité, il y a 27 ans, Renée Godin a changé la vie de nombreux parents à qui la vie réservait des embûches imprévues et des épreuves déchirantes.

Il n’y a pas de doute, la présence de Renée Godin est apaisante. À notre arrivée au Centre Parents-Enfants de Trois-Rivières, le petit Charles, âgé d’à peine une semaine, dort calmement dans ses bras.

Oui, le petit a bien fait une petite frousse à ses parents, mais le travail de l’infirmière a tout changé dans leur attitude face à la situation. «Une chance qu’elle était là! Elle réussit à bien nous faire comprendre ce qui se passe, en plus d’avoir une présence très douce et réconfortante», affirme la maman, Geneviève Guérin.

Dans la joie comme dans la peine

Si certaines histoires comme celle de Charles se terminent bien, tous n’ont pas cette chance. Mais que ce soit lors des jours de bonheur ou de deuil, Renée Godin, elle, est toujours là.

«Moi j’ai à leur apprendre comment s’organiser. J’ai à les préparer à leur situation, quelle qu’elle soit. Je dois m’assurer qu’ils soient bons à leur départ d’ici, dans la joie ou la peine», explique l’infirmière.

À quelques semaines de la retraite, Renée Godin se fait un devoir de porter avec elle cette aura apaisante dans chaque chambre qu’elle visite. Elle se rappelle cette maman en particulier, qui, à 38 semaines de grossesse, donnait naissance à un enfant qui ne vivrait pas. Un instant si court, mais si marquant, où Renée a pu déposer le petit sur sa mère pour qu’il y pousse son dernier souffle, venu quelques secondes seulement après le premier.

«Toi, comme infirmière, tu dois t’oublier, complètement. Tu dois amener une belle lumière dans cette chambre-là parce qu’ils en ont besoin», raconte-t-elle, les yeux humides, en pensant à ces moments difficiles qu’elle a partagés avec les courageux parents.

Une bonne fée

On comprend rapidement en discutant avec Renée Godin que sa pratique dépasse largement les soins infirmiers.

Elle devient bien souvent une confidente, une amie et parfois même une bonne fée. Comme pour ces parents dans le besoin, loin d’être prêts à l’arrivée de leur nouveau-né, attendu pour le temps des Fêtes.

«J’ai décidé d’amasser des dons dans ma famille pour ces parents-là. J’ai magasiné tout ce qu’ils avaient besoin pour le bébé et au moment de les laisser quitter, je leur ai remis ce cadeau, offert d’une famille à une autre.»

Toutes ces petites occasions de donner, Mme Godin a pour philosophie de les saisir quand elles passent. C’est ce qui l’a motivée depuis le début de sa carrière au Centre Mères-Enfants, qui est devenu le Centre Parents-Enfants, il y a une douzaine d’années, grâce à sa détermination.

«Pour moi, c’est le couple qui est important. Pas juste la maman. Donnons-leur la place aux pères!», lance la future retraitée qui espère voir la nouvelle génération poursuivre son travail si important pour les familles de Trois-Rivières.

Renée Godin, 63 ans

  • Diplômée en gérontologie en 1983 et en santé communautaire en 1993 à l’UQTR
  • Travaille au Centre hospitalier Ste-Marie de Trois-Rivières depuis 27 ans.

Des bras réconfortants

«Sa chaleur et ses bras réconfortent quand il n’y a plus rien à dire. Elle est apaisante dans ce moment de la vie où l’on croit, comme papa et maman, que tout peut arriver, n’importe quel désastre, quand on a peur, derrière notre joie de l’enfant qui naît. Madame Godin assiste parfois à des scènes terribles en prenant sur elle-même la peine des parents.»

— Jean-Pierre Girard, ami et papa d’une ancienne patiente