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Repousser la maladie à coups de poing

Un programme de boxe adapté pour les personnes atteintes de la maladie de Pakinson

Vivant avec la maladie de Parkinson depuis 8 ans, Carmela Madanici, 82 ans, 
pratique néanmoins la boxe avec Pascal Brabant au Centre sportif Ludus.
Photo courtoisie Vivant avec la maladie de Parkinson depuis 8 ans, Carmela Madanici, 82 ans, pratique néanmoins la boxe avec Pascal Brabant au Centre sportif Ludus.

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Les gens aux prises avec le Parkinson mènent un combat perdu d’avance. Mais ça n’empêche pas Carmela Madanici et plusieurs autres d’enfiler les gants dans un ring de boxe pour tenter de repousser le dernier son de cloche.

«Je n’aurais jamais pensé donner des coups de poing dans ma vie!, souligne Mme Mandanici, âgée de 82 ans. Ça fait vraiment du bien à mon corps.»

Depuis l’autonome dernier, Neuromotrix et le Centre Sportif Ludus, à Saint-Léonard, ont combiné leurs forces pour offrir un programme de boxe adapté aux personnes atteintes de la maladie de Parkinson.

«Pendant l’entraînement, les gens oublient qu’ils ont le Parkinson, indique Martine Lauzé, kinésiologue et fondatrice de Neuromotrix, qui se spécialise dans l’activité physique adaptée chez les personnes atteintes de troubles neurologiques. Leurs tremblements s’atténuent et ils sont plus concentrés.»

Du positif

Les bienfaits de la boxe seraient nombreux sur l’état psychologique et physique des personnes atteintes de cette maladie dégénérative, qui résulte de la mort lente et progressive de neurones du cerveau.

Les études indiquent que ce sport a un effet de balancier, puisqu’il stimule la dopamine dans le cerveau, alors que le Parkinson la diminue.

«Au terme de la session, on a constaté une plus grande mobilité et une meilleure posture chez nos participants, raconte Martine Lauzé. On sait que la boxe ne peut pas enrayer le Parkinson, mais elle peut le ralentir.»

Mme Mandanici, qui souffre de Parkinson depuis 8 ans, pratique la boxe même si elle est confinée à un fauteuil roulant.

«Depuis que j’ai commencé la boxe, je sens que mon état est beaucoup plus stable, note celle dont la condition est jugée sévère. Quand j’utilise ma marchette, j’ai l’impression d’être beaucoup plus stable sur mes pieds.»

Un programme adapté

Les participants du programme se réunissaient une fois par semaine pour s’adonner à entraînement d’une heure sous la supervision d’un entraîneur de boxe et d’un kinésiologue.

«On a gardé le même syllabus qu’un entraînement de boxe normal, mais on a adapté l’intensité, pointe Pascal Brabant, entraîneur de boxe au Centre Ludus. On voulait garder ça plaisant.»

Les participants commençaient avec un échauffement, poursuivaient avec une période d’endurance cardio musculaire qui s’apparente aux activités quotidiennes de tous les jours comme se lever et s’asseoir sur une chaise, et passaient ensuite aux techniques de boxe.

«Lors de la première journée, ç’a pris 15 minutes pour simplement monter dans le ring!, poursuit M. Brabant en rappelant la mobilité réduite de ses élèves. Ç’a chamboulé nos plans, mais ils ont rapidement développé une aisance.»

Pas seulement physique

Si le programme a pour but d’améliorer la condition physique, il a également la mission d’inviter les gens à socialiser, estime M. Brabant.

«On voulait briser l’isolement et on croit avoir réussi, mentionne-t-il. Au tout début, les gens se parlaient à peine, ils étaient très timides entre eux. Mais à la fin de la session, ils jasaient tellement qu’on devait presque les séparer!»

L’effet de groupe a également été une motivation supplémentaire. «Ça fait du bien mentalement de s’entraîner avec des gens qui vivent la même situation que toi», renchérit Mme Mandanici.

«Que ce soit dans le ring ou dans la vie, tous les gens ont un combat à mener. Le Parkinson, c’est un combat personnel», conclut Pascal Brabant.


Selon les données de Parkinson Québec, plus de 25 000 personnes souffriraient de cette maladie dans la province.