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Après les inondations, la fraude

L’Association des microbiologistes craint de faux cas de diagnostics de décontamination

Après les inondations, la fraude
PHOTO AGENCE QMI, JOËL LEMAY

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Les victimes d’inondation doivent redoubler de prudence alors que de nombreux cas de fraude et de faux diagnostics de décontamination pourraient survenir dans le secteur de la rénovation au Québec.

«Il y a beaucoup de personnes qui s’improvisent actuellement comme des spécialistes de la décontamination et ils ne le sont pas», dénonce le président de l’Association des microbiologistes du Québec (AMQ), Patrick D. Paquette.

Alors que le gouvernement du Québec prévoit verser 400 000 $ par jour pour aider les victimes d’inondation, l’AMQ craint que des entrepreneurs sans expertise en microbiologie profitent de la situation pour poser de faux diagnostics de moisissures et de champignons.

«En plus de payer pour des services inutiles, certains clients pourraient se retrouver sans le savoir avec un problème de contamination non réglé pouvant causer d’importants problèmes de santé», prévient M. Paquette.

Ce dernier explique que les dégâts causés par l’eau peuvent être invisibles lors d’une inspection visuelle.

Or, l’expert recommande de faire appel à un microbiologiste pour prélever des échantillons qui seront par la suite analysés par un laboratoire reconnu.

L’AMQ soutient que de très nombreux cas de fraude ont été observés au cours des dernières années au Québec dans le secteur de la décontamination.

«C’est documenté. On a vu par le passé des entrepreneurs qui ont facturé jusqu’à 15 000 $ pour des travaux superflus dans certaines résidences. Il faut être vigilant et s’assurer de la présence d’un microbiologiste dans le dossier», plaide le président de l’AMQ.

Profession non encadrée

L’AMQ rappelle que la pratique de la profession de microbiologiste ne fait toujours pas l’objet d’un encadrement professionnel par un ordre au Québec.

Chemin faisant, n’importe qui peut offrir des services spécialisés en décontamination sans faire l’objet de contrôle de la part de l’Office des professions, déplore le président de l’AMQ.