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La graisse abdominale interne associée au risque de démence

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Connue pour son incidence sur le diabète et les maladies cardiovasculaires, la graisse abdominale interne joue aussi un rôle important dans l'apparition de certains cancers et du déclin cognitif menant à la démence, ont découvert des scientifiques.

Ce gras viscéral, invisible à l'oeil nu, est en outre présent chez une personne sur cinq ayant un poids santé qui est, de ce fait, à risque de développer une maladie chronique, montre une récente étude américaine.

«La graisse abdominale interne attaque la santé des vaisseaux sanguins par l'athérosclérose. Si les artères du cerveau s'obstruent, des cellules peuvent se nécroser et mourir, entraînant des pertes de mémoires, un déclin cognitif et la démence», explique le Dr Jean-Pierre Després, directeur scientifique de la Chaire internationale sur le risque cardiométabolique, à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

Le Dr Jean-Pierre Després, directeur scientifique de la Chaire internationale sur le risque cardiométabolique, à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).
STEVENS LEBLANC/JOURNAL DE QUÉBEC/AGENCE QMI
Le Dr Jean-Pierre Després, directeur scientifique de la Chaire internationale sur le risque cardiométabolique, à l'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ).

L'IUCPQ et l'Université Laval sont les hôtes jusqu'à mercredi du 6e Congrès international sur les maladies cardiométaboliques chroniques sociétales. L'événement réunit une trentaine d'experts mondiaux qui font le point sur cet ennemi caché.

Fameux tour de taille

«Cela fait 30 ans qu'on parle des risques pour la santé associés à la bedaine et à la graisse abdominale interne. Maintenant, ce ne sont plus juste les chercheurs de l'IUCPQ qui le disent», signale le Dr Després qui a été parmi les premiers scientifiques à cibler le tour de taille et le gras viscéral comme d'importants facteurs de risque des maladies cardiométaboliques.

Un bon moyen d'éliminer les graisses abdominales internes, consiste à bouger davantage et à s'alimenter mieux. «Il faut faire un petit ménage dans notre alimentation. Les gens qui passent de sédentaires à actifs, même sans perte de poids, diminuent de moitié le risque de maladies cardiovasculaires», prône le Dr Després.

De plus en plus de chercheurs s'intéressent au lien entre le milieu urbain et les risques d'obésité et de diabète. Le congrès sera notamment l'occasion de prendre connaissance de différentes initiatives en faveur d'un environnement urbain favorable à la santé.

L'exemple d'Amsterdam

«Il y aura une présentation sur un vaste programme mis sur pied à Amsterdam, aux Pays-Bas, pour faire bouger les gens grâce à des aménagements urbains mieux adaptés. En mettant tous les acteurs du milieu autour d'une même table, ils ont réussi à faire régresser l'obésité en particulier chez les jeunes», rapporte le Dr Després.