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Trois profs jugées incompétentes seront réintégrées

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La Commission scolaire de Rouyn-Noranda sera obligée de réintégrer en classe trois enseignantes qu’elle juge incompétentes, ce qui inquiète plusieurs parents.

En 2014, la Commission scolaire a congédié trois professeures. Après de multiples recours judiciaires, la Cour supérieure exige que la CSRN les réintègre parce qu’elle n’a pas respecté un délai dans le processus de congédiement.

Toujours essoufflée

Une des enseignantes congédiées avait une santé particulièrement fragile alors qu’elle avait manqué 49 % des journées de travail depuis les 14 dernières années.

Cette enseignante de primaire souffrait de fatigabilité, de difficultés de concentration, de fibromyalgie (douleurs chroniques), de troubles du sommeil, d’obésité, de diabète et d’un manque de résistance à l’effort, peut-on lire dans un jugement qui cite des rapports médicaux.

«Ce n’est pas une mauvaise enseignante pour transmettre la matière. Mais elle n’était jamais présente en classe. Mon enfant a eu plein de suppléantes différentes. Ma fille me disait qu’elle était toujours essoufflée en classe», a raconté sous le couvert de l’anonymat un parent dont l’enfant a été dans la classe de cette enseignante.

Deux autres enseignantes du secondaire ont été congédiées après de multiples plaintes de parents et d’élèves.

«Ça n’avait pas de sens. Ils n’ont rien appris de l’année. Ses livres de notes étaient vides et mon enfant, habituellement très fort, a été obligé de faire du rattrapage pendant l’été. Ça n’a aucun sens, on dirait qu’on protège plus les profs que la qualité de l’enseignement», a raconté une mère de famille qui a requis l’anonymat par peur de représailles puisqu’elle a encore des enfants dans le milieu scolaire.

Dossier vierge

Luc Gravel, président
Photo David prince
Luc Gravel, président

Le Syndicat de l’enseignement de l’Abitibi-Témiscamingue réfute les prétentions d’incompétence de la CSRN. «Il y a des enseignantes dans ça qui ont 25 ans d’ancienneté avec un dossier vierge. Je ne crois pas à l’incompétence instantanée», a dit le président du Syndicat des enseignants de l’Abitibi-Témiscamingue, Luc Gravel.

La CSRN a dû dépenser 165 000 $ d’avocat pour tenter de les congédier et devra payer le salaire des enseignantes pour les trois dernières années, soit 600 000$.