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Cinq enquêtes pour fuites médiatiques en trois ans

C’est un phénomène « alarmant », dit un enquêteur

Normand Borduas SPVM
Photo Courtoisie Le policier Normand Borduas a été contre-interrogé par les avocats des médias durant la majeure partie de la journée, mardi.

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Le «coulage d’informations» policières dans les médias est un phénomène «alarmant», selon un ex-enquêteur des affaires internes de la police de Montréal, au point où cinq enquêtes de ce type ont été déclenchées depuis trois ans.

«Ce n’est pas une opinion que c’est alarmant, c’est un fait», a déclaré le policier Normand Borduas, mardi.

Pour la deuxième journée consécutive, l’enquêteur du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) témoignait devant la Commission d’enquête sur la protection des sources journalistiques.

Pendant les trois années durant lesquelles il a été affecté à la division des affaires internes (DAI), Normand Borduas a effectué une douzaine d’enquêtes sur ses confrères.

Parmi celles-ci, quatre concernaient des fuites d’informations policières dans les médias. «Il semblait y avoir plus de dossiers portés à notre attention. [...] Le phénomène ne diminuait pas, mais il tendait à se répéter», a souligné le lieutenant-détective qui travaille maintenant à la section des crimes économiques.

L’ex-enquêteur des affaires internes a indiqué qu’il ne croyait pas que ses collègues de la DAI aient mené d’autres enquêtes impliquant des journalistes.

Cependant, une cinquième investigation du même genre a été menée hors de la division des affaires internes, en 2016, a expliqué Normand Borduas.

Il s’agit de l’enquête «F8», portant sur des événements survenus à Montréal-Nord «pour lesquels il y a eu un certain coulage médiatique», a spécifié le témoin, sans donner davantage de détails.

Contre-interrogé par Me Christian Leblanc, qui représente plusieurs médias, Normand Borduas a maintenu que ses patrons ne lui ont pas précisé, à son arrivée en poste, si les enquêtes concernant des fuites médiatiques étaient une «priorité» pour les affaires internes.

Abus de confiance

Sa première enquête à la DAI concernait les liens entre le policier Roger Larivière et le journaliste Stéphane Berthomet, en octobre 2014.

Les deux hommes avaient été aperçus ensemble dans un restaurant par d’autres policiers, ce qui avait éveillé des soupçons d’abus de confiance concernant le policier Larivière. Aucune accusation n’a été déposée dans ce dossier.

Normand Borduas a aussi enquêté sur «l’affaire Coderre». Il s’agit d’une contravention pour une plaque d’immatriculation impayée que Denis Coderre a reçue en 2012, et pour laquelle le chroniqueur Patrick Lagacé a posé des questions.

Une autre enquête pour abus de confiance a été ouverte pour savoir quel policier avait transmis l’information aux médias.

D’après un rapport de Normand Borduas, M. Coderre aurait mentionné à la policière qu’il «serait son futur boss», a-t-on appris, lundi. Le maire a fermement démenti cette affirmation, mardi.