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Les superinfirmières débarquent !

Les superinfirmières débarquent !
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Alice Mariette - 37e AVENUE

 

Superinfirmière, un métier d’avenir ? La réponse est oui ! Le gouvernement du Québec promet plus de postes et plus de places dans les universités d’ici 10 ans pour ces infirmières capables de prodiguer des soins habituellement réservés aux médecins.

Les infirmières praticiennes spécialisées (IPS) seront 2 000 d’ici 2024-2025 dans le réseau de la santé, contre 428 actuellement. Un engagement du gouvernement libéral datant de 2014, accompagné d’une aide financière pour leur formation, a été confirmé récemment. « Toutes les conditions sont maintenant réunies pour que cela fonctionne », affirme Lucie Tremblay, présidente de l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ).

Elle se dit soulagée par la promesse gouvernementale de bonifier de 25 millions le soutien financier aux universités, dont 5 millions dès cet automne. Cette somme permettra d’atteindre progressivement la cible de 270 étudiants par an, à partir de 2021-2022. Actuellement, une centaine d’étudiants suivent la formation à travers la province. Cet investissement s’ajoute au 1,4 milliard déjà annoncé, pour couvrir les bourses d’études et les salaires.

Le surnom de superinfirmières que l’on colle aux IPS n’est d’ailleurs pas le fruit du hasard. Leur superpouvoir : une formation de deuxième cycle, composée de cours en sciences infirmières et en sciences médicales, accompagnée de stages en établissements de santé, auprès de médecins. Les IPS peuvent ainsi faire des diagnostics, des évaluations ou encore prescrire des médicaments. Selon leur spécialité, elles s’occupent, entre autres, des soins de première ligne, du suivi de maladies rénales ou de la prise en charge des nouveau-nés. « Être IPS est une façon d’avoir un travail autonome et enrichi, qui permet de mettre à contribution toutes ses qualités », pense Mme Tremblay.

Une solution d’avenir

Les IPS représentent une nouvelle ressource pour le Québec, dans un système de santé en pleine mutation. « On veut créer une synergie, basée sur la notion de hiérarchisation, une fluidité qui contribue à améliorer l’accès aux soins », explique la présidente de l’OIIQ. « Si on regarde chez nos collègues ontariens, où il y a environ 3 000 infirmières praticiennes spécialisées, les problèmes d’accès semblent moins importants qu’au Québec », détaille-t-elle, ajoutant qu’il s’agit d’utiliser les bonnes ressources au bon endroit.

Les IPS ont l’avantage de pouvoir s’adapter aux besoins de la population, ainsi qu’au type d’établissement. « Le rôle de l’IPS est large, il s’agit d’une infirmière experte qui, en plus, a des outils venant de la médecine lui permettant d’offrir tout un panier de services, alors il faut qu’elle ait suffisamment de marge de manœuvre pour s’adapter à sa clientèle », estime Lucie Tremblay. Elle prend l’exemple de trois IPS, exerçant dans trois lieux différents. L’une travaille dans un centre local de services communautaires (CLSC) et a en charge le suivi de maladies chroniques, notamment auprès des jeunes. Une autre s’occupe davantage de suivis de grossesse, d’interventions et de problèmes de santé courants. La troisième assure la prise en charge de patients n’ayant pas accès à d’autres ressources.