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Le REM sur toutes les lèvres

Le train de la Caisse suscite beaucoup d’intérêt au sommet de l’UITP

Le REM doit voir le jour d’ici 2020 à Montréal. Sur cette image, le plan de la future gare intermodale de l'autoroute 40, qui reliera le REM à la ligne Mascouche.
Photo courtoisie Le REM doit voir le jour d’ici 2020 à Montréal. Sur cette image, le plan de la future gare intermodale de l'autoroute 40, qui reliera le REM à la ligne Mascouche.

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Il est unique par sa taille, ses délais de construction et sa méthode de conception. Le train de la Caisse de dépôt et placement, qui doit voir le jour d’ici 2020 à Montréal, a fait tourner bien des têtes, depuis lundi, au sommet de l’Union internationale des transports publics (UITP).

Déjà, cinq consortiums ont été présélectionnés pour les divers aspects du projet. Avant l’automne, CDPQ Infra, la filiale de la Caisse de dépôt et placement du Québec qui développe le Réseau électrique métropolitain (REM), dévoilera les deux groupes ayant remporté la mise.

Réseautage

Presque toutes les entreprises qui forment ces cinq groupes étaient présentes de lundi à mercredi au sommet de l’UITP, auquel participaient près de 2000 personnes au Palais des congrès de Montréal.

C’est l’occasion pour les entreprises de faire valoir leur expertise et leurs technologies, mais aussi d’identifier des fournisseurs pour divers éléments du projet. Bombardier, Alstom et RATP ont tous dépensé des dizaines de milliers de dollars pour créer des pavillons futuristes pour se mettre en valeur.

«Pour nous, le sommet, c’est une manière de montrer qu’on est actif ici. On fait énormément de présentations», explique la PDG de RATP Dev Amérique du Nord, Catherine Chardon. Surtout connue pour l’exploitation du métro de Paris, l’entreprise est déjà très présente à Montréal, fait-elle valoir. «C’est une de nos filiales qui a conçu le métro de Montréal, et nous avons une capacité d’exploiter des réseaux automatiques tels que le REM comme personne dans le monde, vraiment.»

Avec près de 67 km, la longueur du trajet est unique, rappelle Angelo Guercioni, directeur général pour le Canada chez Alstom. «La plupart des projets ont 14 ou 20 km, mais avec des complexités, par exemple, avec le sous-terrain. Mais le fait que le REM couvre de longues distances avec des branchements, ça amène des défis différents auxquels on est prêts à faire face.»

Bombardier

Critiqué pour la gestion de certains projets dans la région de Toronto, Bombardier Transport espère plus que tout remporter cet appel d’offres. «On est le plus grand opérateur de trains automatiques dans le monde. En Amérique du Nord, on a une part de marché plus importante que tous nos compétiteurs réunis», assure Marc-André Lefebvre, porte-parole de la compagnie fondée au Québec, mais aujourd’hui basée en Allemagne et en Grande-Bretagne.

«On n’est pas un consortium, on est seuls, parce qu’on est les seuls à pouvoir tout offrir.»

 

Le REM en bref

Cinq groupes se qualifient pour les deux volets du projet. Le choix final de la Caisse est attendu en août.

Construction des infrastructures, incluant les stations :

1) Consortium NouvLR (SNC-Lavalin, Dragados, Aecon, Pomerleau et EBC)

2) Partenariat Kiewit et Eurovia

Fourniture du matériel roulant et exploitation du réseau :

1) Consortium Alliance Montréal Mobilité (Parsons, Hyundai Rotem et RATP Dev Canada)

2) Bombardier

3) Consortium Groupe des partenaires pour la mobilité des Montréalais (Alstom et SNC-Lavalin)

 

Les entreprises québécoises désavantagées ?

Plusieurs entreprises québécoises qui espéraient profiter du Réseau électrique métropolitain (REM) sont déçues que la Caisse de dépôt n’ait pas exigé un minimum de contenu canadien dans le mégaprojet, comme c’est souvent le cas dans des partenariats public-privé (PPP) de cette envergure.

Pendant que les différents consortiums en compétition pour construire et exploiter le REM rencontrent divers intervenants au sommet de l’Union internationale des transports publics (UITP) de Montréal, certaines entreprises d’ici se demandent si elles ne sont pas injustement désavantagées par CDPQ Infra, la filiale de la Caisse de dépôt et placement à l’origine du REM.

Pas de contenu canadien

Alors que, bien souvent, les PPP comprennent des politiques sur le contenu canadien qui favorisent les entreprises d’ici, «aucune exigence minimale de contenu canadien ne sera requise dans le cadre de la réalisation» du REM, explique la Caisse.

Président d’ITSMAX Solutions, Cyril Robitaille fait partie de ceux qui espèrent obtenir leur part du REM. Sa compagnie offre des solutions de paiement (monnaie, cartes magnétiques et à puces, etc.), de comptage des passagers et d’annonce des prochains arrêts, notamment. Mais l’absence de contenu canadien obligatoire pourrait vouloir dire que des solutions moins chères venant d’ailleurs sont privilégiées.

Vitrine

«L’ensemble de nos technologies sont développées au Québec et sont utilisées autant ici qu’ailleurs dans le monde. Pour le REM, on est en train de se positionner, dit-il.

«Ça serait une vitrine incroyable, mais on se bat contre des géants européens. Notre défi, c’est de se qualifier pour les critères de sélection. C’est très difficile. [...] Non seulement le contenu canadien et québécois n’est pas un critère, c’est presque un défaut, parfois. C’est difficile de concurrencer.»

CDPQ Infra n’a pas souhaité répondre aux questions du Journal.