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Les meilleures infirmières du Québec: elle brasse la cage du système

Élizabeth Blouin a mis sur pied plusieurs outils pour faciliter la vie de ses patients et de ses collègues en oncologie

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Photo Ben Pelosse Élizabeth Blouin s’est donné comme règle de traiter chacun de ses patients comme s’il était un membre de sa famille. «Il faut être dédiée, attentionnée, mais aussi fonceuse», exprime celle qui pratique depuis plus de 25 ans.

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À force de voir défiler dans son bureau des patients complètement dépassés par leur diagnostic de cancer, Élizabeth Blouin a fait le choix d’orienter sa pratique infirmière vers la communication et l’efficacité, des détails souvent oubliés dans un réseau de la santé de plus en plus impersonnel.

Élizabeth Blouin n’a qu’une seule règle depuis qu’elle a été nommée infirmière pivot en oncologie au CUSM en 2005. Traiter chacun de ses patients comme s’il était un membre de sa famille.

«Il faut être dédiée, attentionnée, mais aussi fonceuse. Il ne faut pas avoir peur de faire tomber les barrières parce que celles du système sont parfois assez solides», fait remarquer celle qui exerce depuis plus de 25 ans.

Voyant que le flot continu d’informations que recevaient les patients atteints de cancer était rapidement oublié, elle a choisi de développer des outils de communication qui facilitent la vie du patient, mais aussi la sienne et celle de ses collègues. DVD, livrets de renseignements, carnet de contacts, base de données informatique et autres, Mme Blouin s’est investie pour aider son monde.

«Je sentais qu’il y avait un manque de communication avec les patients et que je répétais toujours les mêmes choses. Par exemple, la base de données informatique permet d’avoir un portrait rapide du patient, l’historique de ses traitements et le contact de tous les médecins au dossier. Tout le monde a donc la même information et plus rien ne se perd», explique l’infirmière, qui a été appelée à présenter ces outils lors d’une conférence médicale à Paris.

Le but de cette méthode d’enseignement à divers niveaux est de s’assurer que le patient est au courant de sa situation et qu’il reste impliqué tout au long du processus. Elle évite aussi bien des épisodes de panique que peuvent vivre les patients au cours des traitements.

«Quand ils ont écouté le DVD, ils savent ce qui les attend durant le traitement. Ces outils-là permettent aux patients d’avoir tout ce dont ils ont besoin au lieu d’aller sur Google et arriver en panique pour des choses qui n’ont rien à voir avec leur situation.»

Toujours disponible

Et si les vidéos, animations et dépliants préparés par l’infirmière ne sont plus suffisants pour répondre aux questions d’un patient, il n’a qu’à prendre le téléphone et à l’appeler.

«Je suis là pour eux et ils le savent. Il faut qu’ils m’appellent, qu’ils osent déranger. C’est de cette façon-là qu’on est efficaces et que leur dossier avance. Souvent, ils trouvent que les choses avancent vite quand j’entre dans leur dossier. S’ils veulent vraiment quelque chose, ils l’obtiennent rapidement», affirme l’infirmière, qui ne se gênera jamais de faxer cinq fois le même document si elle n’obtient pas de réponse.

«Imaginez si je n’étais pas si persévérante et décidée à aider mon patient comment il attendrait longtemps.»

Mot clé: efficacité

Avec les restrictions budgétaires en place depuis un certain temps dans le réseau, Élizabeth Blouin estime que sa méthode est d’autant plus importante.

«Le mot clé, c’est efficacité. Comme il y a moins de ressources, on doit trouver des façons de faire plus, plus rapidement, et c’est pourquoi les outils de communication nous aident beaucoup. Ça nous permet de nous concentrer sur l’essentiel», croit celle qui n’hésite pas à bousculer le système pour augmenter les chances de survie de ses patients.

Élizabeth Blouin, 50 ans

  • Diplômée en soins infirmiers du Cégep de Sherbrooke en 1990 et en sciences infirmières à l’Université de Montréal en 1993
  • Travaille comme infirmière pivot en oncologie au Centre universitaire de santé McGill depuis 2005

Extrait de sa candidature

« Soucieuse d’améliorer la qualité des communications avec ses patients et la population en générale, Élizabeth a développé plusieurs outils de communication. Ses initiatives ont fait l’objet de recherche doctorale, en plus d’avoir le privilège d’être invitée à donner une présentation à Paris à un auditoire international. Si vous rencontrez les patients qui ont connu Élizabeth lors de l’épreuve d’un traitement de cancer, ils seront unanimes pour vous dire qu’elle est soucieuse de leur bien-être et n’hésite pas à “brasser le système” afin que ses patients puissent avoir accès aux meilleurs soins disponibles. »

— Jean-Luc Gélinas