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Les meilleurs infirmières et infirmiers du Québec: l’infirmier qui rit de bon cœur

René Nolet réussit par son humour à détendre collègues et patients durant des interventions

En plus de se donner la tâche de mettre tout le monde à l’aise en vue des opérations où son équipe débloquera des artères et sauvera des vies, René Nolet occupe un grand rôle sur le plan de la formation dans son département.
Photo Ben Pelosse En plus de se donner la tâche de mettre tout le monde à l’aise en vue des opérations où son équipe débloquera des artères et sauvera des vies, René Nolet occupe un grand rôle sur le plan de la formation dans son département.

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Même s’il travaille sur le mince fil qui sépare la vie et la mort lors d’opérations au cœur, René Nolet réussit toujours à détendre ses collègues et ses patients avec une petite blague bien placée ou un mot réconfortant. Il devient une présence qui fait la différence dans un monde où la tension est toujours à son apogée.

René Nolet l’admet d’emblée, il a la personnalité pour travailler en hémodynamie, où il côtoie au quotidien des gens en pleine crise cardiaque. «Il faut aimer l’action. Si tu n’aimes pas l’action et le challenge, ça n’ira pas. Mais en même temps, il faut être d’un naturel calme puisque ça demande beaucoup de dextérité et de rapidité», explique l’infirmier qui a 30 ans de carrière derrière la cravate.

Mais au-delà du côté technique de son travail, c’est la personnalité détendue et charismatique de René Nolet qui le distingue et qui met à l’aise autant ses patients que son équipe.

L’humour dans le dramatique

«J’ai déjà eu un patient qui était un ancien voisin. Quand il m’a vu, juste de reconnaître un visage, d’avoir un repère dans cette détresse-là, ça l’a rassuré. J’ai compris encore plus à ce moment que le contact avec le patient fait une réelle différence. Tout passe par l’accueil, par le timbre de voix, la douceur», raconte M. Nolet.

Et il estime que l’humour a toujours sa place. Évidemment, rien à voir avec Ding et Dong en salle d’opération, mais l’infirmier trouve toujours le moyen de bien doser les choses, comme s’il avait un sixième sens. «Les gens réalisent qu’ils ont souvent frôlé la mort après l’opération, donc c’est important de venir remettre tout ça en perspective», souligne-t-il.

Celui qui suit aussi des cours de théâtre pour «vider le négatif» estime que ce passe-temps l’aide au travail. «Il faut mettre un peu d’humour dans ça, sinon on est dans le tendu de l’arrivée du patient à sa sortie et c’est insupportable. C’est un travail qui nous demande d’être là à 100 % parce qu’on joue avec la vie des gens, il faut donc se détendre quand c’est le moment.»

Laisser sa trace

En plus de se donner la tâche de mettre tout le monde à l’aise en vue des opérations où son équipe débloquera des artères et sauvera des vies, René Nolet occupe un grand rôle sur le plan de la formation dans son département. C’est sa façon «de laisser un petit peu de lui» lorsqu’il partira pour la retraite.

«Sur les dix personnes de l’équipe actuelle, j’en ai formé six. Je me suis retrouvé dans une position où je peux changer les choses avec l’ouverture du département en 2014. Je les forme à ma manière et c’est gratifiant de voir qu’ils gardent mes habitudes, qu’ils performent et que ça va bien pour tout le monde. C’est une façon de laisser ma trace», indique M. Nolet.

Et cette trace, il la laisse aussi dans la vie des patients qu’il contribue à sauver jour après jour. «On donne du temps ici. J’ai déjà eu une personne de 98 ans. On sait qu’elle ne vivra pas 20 ans encore, mais les six mois qu’on lui donne permettent de vivre et de régler beaucoup de choses. Ça nous réconcilie avec la vie et la mort parfois.»

René Nolet,  51 ans

  • Diplômé en soins infirmiers au cégep de Thetford Mines en 1987
  • Travaille depuis 2014 à l’unité d’hémodynamie de l’hôpital Charles-Lemoyne de Longueuil

« Excellent leadership »

« La plupart des patients qui doivent passer en hémodynamie ont un niveau de stress et d'anxiété assez élevé. René sait prendre le temps de les rassurer, toujours avec une pointe d'humour bien dosé. Il est impressionnant de voir l'équilibre qu'il sait trouver entre l'humour, la bonne humeur, la compétence, la relation avec ses patients, mais également dans l'établissement d'une relation solide et de confiance avec les médecins pratiquant les coronarographies. Il sait faire preuve d'un excellent leadership et ainsi s'assurer que nous soyons tous au même diapason. »

— Bruno Di Tomasso, collègue de travail