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Elle préférait mourir plutôt que d’aller vivre en CHSLD

Michel Cadotte est accusé d’avoir tué sa femme Jocelyne Lizotte, qui était atteinte d’Alzheimer et qui s’était fait refuser l’aide médicale à mourir. Elle était placée dans un CHSLD et selon la défense, elle avait déjà indiqué qu’elle préférait mettre fin à ses jours plutôt que d’être placée là-bas.
Photo d'archives Michel Cadotte est accusé d’avoir tué sa femme Jocelyne Lizotte, qui était atteinte d’Alzheimer et qui s’était fait refuser l’aide médicale à mourir. Elle était placée dans un CHSLD et selon la défense, elle avait déjà indiqué qu’elle préférait mettre fin à ses jours plutôt que d’être placée là-bas.

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La dame atteinte d'Alzheimer qui aurait été tuée par compassion par son conjoint se plaignait souvent de sa piètre qualité de vie et avait dit préférer mourir plutôt que d'être placée dans un CHSLD, révèle une requête visant à faire libérer son mari.

«[Jocelyne Lizotte] refusait d’être placée dans un CHSLD et préférait mettre fin à sa vie dans une telle éventualité», peut-on lire dans le document déposé à la cour ce mercredi par les avocats de Michel Cadotte.

Cadotte, qui a fêté son 56e anniversaire en détention hier, est accusé de meurtre dans cette affaire. L’homme qui avait pris soin de sa conjointe souffrante pendant des années l’aurait finalement tuée, le 20 février dernier dans un CHSLD où elle redoutait d’aller. La femme de soixante ans, qui souffrait de l’Alzheimer, s’était fait refuser l’aide médicale à mourir.

«J’ai craqué, avait-il écrit sur Facebook ce jour-là. Personne ne m’a demandé comment je vais, mais là vous le savez. J’ai consenti à sa demande d’aide à mourir. J’attends les policiers.»

Selon ses avocats, M. Cadotte souffrait d’un «épisode dépressif où il n’était pas lui-même» lorsqu’il serait passé à l’acte.

<b>Jocelyne Lizotte</b></br>
<i>Victime</i>
Photo courtoisie
Jocelyne Lizotte
Victime

Soutien

Il est depuis détenu, mais il a déposé hier une demande de libération sous caution, en attendant son procès.

«M. Cadotte soumet respectueusement que sa détention n’est pas nécessaire pour ne pas miner la confiance du public envers l’administration de la justice», peut-on lire dans la requête écrite par Mes Elfriede Duclervil et Nicolas Welt de l’aide juridique.

Si la cour accepte de le libérer, M. Cadotte irait vivre chez sa sœur, qui s’engage à l’accompagner et à le soutenir tout au long du processus judiciaire.

«Il possède des liens familiaux importants, tant avec sa propre famille qu’avec la famille Lizotte», indique le document de cour.

Dure fin de vie

La requête de M. Cadotte lève également le voile sur la fin de vie difficile de Mme Lizotte.

Avant 2013, la femme séjournait à l’hôpital Royal-Victoria et sa qualité de vie n’aurait pas été des plus plaisantes. Plusieurs plaintes avaient été adressées au Protecteur du citoyen.

Et la situation ne semble pas s’être améliorée lorsqu’elle a été transférée au Pavillon Émilie-Gamelin du CSSS Jean-Mance, selon la requête qui indique que de «nombreuses plaintes, débutant en janvier 2014», avaient été faites. La mort de Mme Lizotte serait d’ailleurs étroitement liée à ces plaintes quant à la qualité de vie et aux soins prodigués à l’époque, indiquent les avocats.

La requête sera présentée à la cour demain au palais de justice de Montréal.


« Les événements menant aux présentes accusations se sont produits lors d’un épisode dépressif où [Michel Cadotte] n’était pas lui-même. » Extrait de la requête en remise en liberté