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Nous cuisinons deux fois plus que les autres Canadiens

Nos habitudes alimentaires sont très différentes de celles du reste du pays

En tant que jeune maman, Aimée-Soleil Laframboise croit qu’il est important d’inculquer le plaisir de cuisiner à son fils.
Photo AMÉLIE ST-YVES En tant que jeune maman, Aimée-Soleil Laframboise croit qu’il est important d’inculquer le plaisir de cuisiner à son fils.

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À l’instar des Européens, les Québécois cuisinent en famille et deux fois plus que les autres Canadiens, rapporte une étude.

«Notre culture s'inspire grandement de pays européens où l'on cuisine en famille et entre amis. Les discussions sont au cœur des repas, et ce temps en est un de qualité pour la famille. Ces résultats ne m'étonnent pas du tout», souligne le nutritionniste Hubert Cormier.

Manger ensemble

Le Québec ne suit donc pas du tout la tendance actuelle en Amérique du Nord.

«Les Américains prennent plusieurs de leurs repas à l’extérieur de la maison et le Canada est en train de faire de même. Seul le Québec semble maintenir cette tradition et reste dans les cuisines», souligne Sylvain Charlebois, doyen de la faculté de management à l’Université Dalhousie et l’un des auteurs de l’étude.

Les Québécois sont aussi ceux qui ont le moins tendance à manger seuls, même lors du déjeuner et du dîner.

«Pour eux, c’est un moment d’échange et de célébration tandis qu’ailleurs au Canada, le repas est une tâche comme une autre durant la journée, manger c’est remplir une fonction», insiste M. Charlebois.

Seulement un consommateur québécois sur dix dit avoir mangé plus souvent au restaurant cette année que l’année précédente, selon les données du sondage. En Colombie-Britannique, ce sont les deux tiers des répondants qui disent s’être plus tournés vers la restauration qu’avant.

On remarque aussi cette disparité dans le total des dépenses au restaurant selon les dernières données les plus récentes publiées par Statistique Canada.

Les résidents de la Belle Province consacrent en moyenne 1863 $ par année au resto tandis que la moyenne canadienne est de 2502 $.

La jeune mère Aimée-Soleil Laframboise croit d’ailleurs que pour bien des familles, cuisiner est une activité en soi, une occasion de se regrouper.

Pas de collation

«Ma sœur vient souvent les fins de semaine pour cuisiner avec moi pour les repas de la semaine. J’ai des amis qui me demandent des conseils pour le cannage des aliments. Les gens veulent vraiment de plus en plus cuisiner eux-mêmes ce qu’ils mangent», estime la femme de trente ans.

Les Québécois semblent aussi énormément tenir à leurs trois repas par jour, car ce sont ceux qui grignotent le moins durant la journée, selon l’étude.

«C’est incroyable tous les nouveaux produits qui sortent chaque année au pays pour les collations, mais il n’y a pas autant d’engouement au Québec qu’ailleurs», ajoute M. Charlebois.

Faits saillants de l’étude

4x plus Les Québécois disent cuisiner quatre fois plus que les résidents de la Colombie-Britannique.

2x moins Deux fois moins de Québécois que d’Ontariens grignotent entre les repas.

36% des Québécois disent manger seuls pour dîner, alors que ce pourcentage grimpe à 58 % si l’on prend l’ensemble des Canadiens.

Les femmes auraient plus tendance à sauter des repas que les hommes.

Les Québécois sont ceux qui estiment avoir le meilleur équilibre travail et famille, ce qui leur permet de cuisiner davantage leurs repas.