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Paul Piché célébrera ses 40 ans de carrière au Centre Vidéotron

Il réaffirme son attachement indéfectible pour Québec

Paul Piché a fait ses débuts sur la rue Saint-Jean.
Photo Jean-François Desgagnés Paul Piché a fait ses débuts sur la rue Saint-Jean.

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Paul Piché est né artistiquement à Québec, dans les bars à chansons de la rue St-Jean, dans les années 70. C'est dans la capitale qu'il a formé son premier «petit» public et qu'il a écrit Heureux d'un printemps. Son concert de samedi soir au Centre Vidéotron, où il célébrera 40 ans de carrière, est «très symbolique» pour lui, d'autant plus qu'il est un fan assumé des Nordiques.

«C'est ici que tout a commencé, pas loin, juste là-bas, dit-il, attablé au restaurant Sapristi, en pointant la rue St-Jean. C'est devenu le Portofino, mais à l'époque, c'était le bar Élite. C'est là que j'ai eu mon premier contrat professionnel. On me payait 15 $ pour chanter, bar open», raconte-t-il, le regard brillant.

Les temps ont bien changé. Quarante ans plus tard, il foulera la scène de la plus grande salle en ville, accompagné par les meilleurs artistes d'une génération plus jeune que lui, comme Les Trois Accords, Koriass, Safia Nolin et Vincent Vallières. Quelques semaines après avoir fait le Centre Bell, il est encore plus fébrile de se poser à l'amphithéâtre.

Paul Piché nous dit être un fan des Nordiques. «J'ai déjà joué une game contre les anciens Nordiques. Il y avait Dave Pichette et j'ai réussi à y enlever la puck. C'est un des grands jours dans ma carrière», lance-t-il en riant.

L’artiste reçoit un disque d’or des mains de Gregory Charles.
Photo d'archives
L’artiste reçoit un disque d’or des mains de Gregory Charles.

D'archéologue à musicien

Alors qu'il nous partage de vieux souvenirs intacts sur Québec, Paul Piché évoque ses années d'archéologue. Il a fait ses études dans le domaine et a passé plusieurs années de sa vie à fouiller les sols québécois, jusqu'à la baie James. Ses trois mois de recherches à l'île d'Orléans ont été parmi les plus beaux moments de sa vie, se souvient-il.

«J'ai passé trois mois, tout juste avant de faire mon premier disque, à faire une reconnaissance archéologique de l'île d'Orléans, pour un projet de pont qui n'a pas eu lieu. J'ai marché tout le tour, on a rencontré les gens pour aller fouiller sur leur terrain. Ç'a été extraordinaire!»

Au fil des ans, tranquillement, la transition s'est faite entre l'archéologue et le musicien.

«Je pense que c'est Sur le chemin des incendies (1988) que j'étais vraiment devenu un musicien. À partir de ce disque-là, je réalisais moi-même et j'étais plus un artiste accompli», a-t-il avoué.

Paul Piché se produira samedi au Centre Vidéotron, en compagnie de Vincent Vallières, Safia Nolin, Les Trois Accords et Koriass.

Paul Piché en quatre chansons

À ses débuts, en 1977.
Photo d'archives
À ses débuts, en 1977.

Y’a pas grand chose dans l'ciel à soir

«C'est ma plus vieille chanson que les gens connaissent. J'ai composé ça je devais avoir 17, 18 ans. J'avais composé d'autres chansons avant, mais je me suis dit que ça prenait quelque chose qui «swingue» un peu. Un soir, en marchant, ça m'est venu tout simplement. Cette chanson-là est une autocritique sur l'engagement. Finalement, c'est comme si je me donnais la permission de critiquer le reste de la société.»

Heureux d’un printemps

«Je me souviens tellement du moment précis où j'ai eu l'inspiration de cette phrase-là. J'étais en auto, j'ai tourné un coin de rue, je me suis stationné et j'ai été obligé d'écrire. «Heureux d'un printemps qui me chauffe la couenne, je suis triste d'avoir manqué encore un hiver»: j'ai eu cette phrase-là d'un coup dans ma tête. Ça m'a pris une bonne année finir de l'écrire. Je l'ai finie à la baie James, alors que je travaillais comme archéologue.»

J’appelle

«C'est spécial, J'appelle. J'avais commencé à l'écrire en pensant plus à une chanson psychologique, à moi. J'ai fini cette chanson-là avec Robert Léger et on y a mis beaucoup de temps à bien définir le personnage du loup, qui au début, était moi. Je me suis rendu compte que c'était un peu une fable, une image sur la nature qui essaie de nous parler et qu'il faudrait y porter attention.»

L’escalier

«C'est une chanson que j'ai composée sur une très longue période, facilement sur un an. J'ai été inspiré de cette chanson-là, juste avant de fermer une porte. Je me demandais ce que j'oubliais, je regardais dans toutes mes poches. J'ai compris que je n'avais rien oublié. Je descendais l'escalier, je m'en allais travailler sur une musique de film. J'ai une mémoire de ce moment-là dans l'escalier, où je me suis arrêté. C'est une chanson très longue qui décrit un moment très court. La chanson explique elle-même comment je l'ai composée.»

De nouvelles pièces

En répétition
Photo d'archives Sébastien St-Jean
En répétition

Paul Piché n'a que huit albums à son actif, ce qui est relativement peu pour une carrière qui dure depuis quatre décennies. Il écrit toujours ses chansons sur une longue période de temps. «Je pense que c'est arrivé deux fois où j'ai écrit une chanson rapidement», dit-il.

Paul Piché mijote un nouvel album en ce moment. Mais pour quand? Il ne le sait pas. «Oui, il y a de nouvelles chansons, je suis en écriture. Il y aura une nouvelle chanson au Centre Vidéotron. C'est une pièce qui parle du fait que j'ai eu l'impression pendant longtemps que tout était un peu décidé, qu'on fait des choix, mais que finalement, on n'a pas le choix de les faire. À un moment donné, j'ai vu ça autrement. Au fond, j'ai eu mon mot à dire toute ma vie, sur tout.

«J'ai promis que ça n'attendrait pas dix ans comme la dernière fois pour le prochain album et ça fait déjà sept ans», a-t-il réfléchi à haute voix.

Côté militant toujours présent

Est-ce qu'on entendra un Paul Piché militant sur cet album? «Moi, je chante mes émotions. Je suis quelqu'un d'engagé politiquement, socialement, et je l'ai toujours été. Mais je ne suis pas juste un chanteur engagé. Je suis quelqu'un qui chante ses émotions d'abord, répond-il.

«Mais j'ai toujours les mêmes convictions», tient à souligner le souverainiste, qui se dit, à ce jour, «plutôt optimiste» face à la question nationale.