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6 choses à savoir sur notre attachement aux objets

CineBazar
Photo courtoisie

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Les objets de nos vies, nos meubles, nos bibelots, nos livres, nos vêtements, nos collections (pour certains), nos photos, nos casseroles, nos cells et ordis, que sont-ils pour nous? Juste des choses qui facilitent notre quotidien et notre confort, ou un peu plus? Allons y voir de plus près.

1) L’attachement aux ­objets commence tôt. On parle souvent de ­l’attachement qu’on a pour nos proches, de l’affection qui nous lie aux êtres vivants qu’on aime. Ce faisant, on oublie parfois qu’on est également attachés aux objets de notre environnement. Qu’on soit riche ou non, ce qu’on possède, c’est un peu le reflet ou l’extension de soi-même. On n’a qu’à voir un bébé d’une vingtaine de mois réagir quand un autre lui enlève son jouet pour comprendre que les objets inanimés ont leur importance.

2) Nous aimons ce qui est à nous. Ce qu’on possède, qu’on l’ait gagné, acheté, reçu en cadeau ou trouvé, on le préfère à ce qui ne nous appartient pas. Des chercheurs en ­psychologie ont voulu savoir à quelle vitesse on s’attache à un objet: on a offert une tasse à des étudiants, on leur a ensuite ­proposé de changer leur tasse contre une tablette de chocolat. À un autre groupe d’étudiants, on a fait l’inverse. Dans les deux groupes, seulement environ 10 % des sujets ont accepté d’échanger ce qu’ils avaient reçu. Très vite, la tendance à valoriser ce qui est à soi se mettrait en place. Les chercheurs ont nommé cette ­attitude «effet de dotation» ou «aversion à la dépossession».

3) Le temps ajoute de la ­valeur à nos objets. Si on regarde autour de soi, on se rend compte que tous nos biens ont leur histoire: pour un manteau, ce sera le rappel d’une relation précédente, une jolie ­petite peinture nous rappellera un agréable samedi matin dans un bazar, une lampe sera le ­souvenir d’une période de notre vie où on ramait dur, un bibelot nous rappellera un voyage ou quelqu’un... Si on pousse la chose (ne le faites pas trop), on se rend compte que même nos casseroles ont leur passé !

4) Le présent. Bien sûr, c’est naturel de penser d’abord à l’aspect utilitaire de nos objets et de nos meubles. On ne peut pas se promener dans sa maison en se disant chaque fois: «Ah! quel merveilleux moment! Ô, quel mauvais souvenir!» On mange, on s’assoit, on se couche, on bricole, on parle avec nos proches, on fait de l’ordre... On vit.

5) Une perte soudaine. Quand on pense aux gens qui subissent un vol, un feu, une inondation, outre le stress immense qu’ils ressentent certainement, voir le trauma qu’ils vivent, ils se retrouvent aux prises avec un deuil à faire, un deuil d’objets et de souvenirs associés. Même ce qui se trouve dans un garage, dans un sous-sol, est important. Dans ­Comment l’esprit vient aux objets, Serge Tisseron écrit: «Les objets créent partout des caves et des greniers dans lesquels nous engrangeons des histoires sans paroles.» Des souvenirs sont «cryptés» dans ces objets. S’en libérer sera peut-être en fin de compte une bonne chose, mais ça ne se fera ­certainement pas sans une ­profonde réflexion.

6) On se construit toute ­notre vie. On se construit dans nos relations avec les autres, on se construit ­également dans nos rapports avec les biens matériels: la ­maison ou l’appartement qu’on aime, les objets avec lesquels on cohabite. Le printemps reste une bonne période pour se délester un peu du passé, pour faire de la place à la nouveauté dans sa vie, pour mettre de l’ordre dans ses choses. Une autre citation de Serge Tisseron peut nous faire penser qu’un ménage du ­printemps n’est pas une perte de temps: «Mieux organiser le monde autour de soi n’est pas le signe d’une personnalité ­forcément mieux organisée ­au-dedans, mais celui d’une ­personne qui a compris que ­l’esprit se ­structure en structurant le monde, à commencer par ce qui est le plus proche.»

À nos balais!