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La police n’a pas fourni de fausses informations

<b>Iad Hanna</b></br>
<i>Enquêteur au SPVM</i>
Capture d'écran Iad Hanna
Enquêteur au SPVM

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L’enquêteur Iad Hanna s’est dit «alarmé» par le discours qu’a tenu son collègue Normand Borduas devant la commission Chamberland cette semaine. Ce dernier a révélé que le SPVM avait transmis de fausses informations afin de piéger un policier.

Selon Iad Hanna, ces informations n’étaient pas fabriquées de toutes pièces. Il s’agissait plutôt de faits «très proches de la réalité».

«Vous savez, comme service de police, on ne diffuse pas des fausses informations», a mentionné M. Hanna lors des audiences de la commission Chamberland, qui se poursuivaient vendredi «[...] Il faut faire très attention quand on parle d’une fausse source et d’une fausse information d’appât. Dans ce cas-ci [...] il ne s’agit pas de fake news, qu’on diffuse au public et [qui fait] qu’on informe mal le public. C’était plutôt une information qui était très, très proche de la réalité.»

Les policiers pourraient déclarer qu’un individu a été condamné à cinq ans de prison, alors que la peine est en fait d’une durée de six ans, a donné pour exemple le sergent-détective.

«C’est à ce degré-là: la nouvelle est modifiée, mais très, très partiellement, juste pour qu’elle soit unique à une personne», a expliqué M. Hanna.

Enquête fictive

Pourtant, pas plus tard que mercredi et jeudi, l’ancien enquêteur aux Affaires internes du SPVM Normand Borduas a affirmé devant la commission que son équipe utilisait parfois une «technique de provocation» consistant à transmettre des informations «fictives» à un policier, pour voir si celles-ci se retrouveraient dans les médias.

«L’enquête serait fictive elle-même, les individus seraient fictifs aussi, ce qui ferait qu’il n’y aurait de préjudice à personne», a indiqué Normand Borduas, précisant que ses supérieurs autorisaient cette technique.

«Qu’est-ce qui arriverait si une fausse nouvelle qu’on a provoquée sortait dans les médias? [...] Soit on la dément, soit on la confirme, soit on ne répond pas», a-t-il déclaré.

Plan d’enquête

Lors de son témoignage devant le juge Jacques Chamberland vendredi, Iad Hanna a aussi défendu le plan d’enquête qu’il a rédigé en janvier 2016. C’est ce document qui a mené à ce qu’on appelle désormais «l’affaire Lagacé».

«Dans ce plan d’enquête là [...] en aucun temps il n’est mentionné des techniques d’enquête concernant des journalistes ou des gens associés aux médias», a-t-il insisté.

«Il y a des techniques d’enquête qui vont impliquer nécessairement des journalistes», a rétorqué Me Charles Levasseur, avocat en chef adjoint de la commission.

De la surveillance physique, de l’écoute électronique et de la transmission de fausses informations étaient, entre autres, envisagées dans ce plan d’enquête.