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Est-ce que la CAQ est due?

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Il faut prendre avec un grain de sel le sondage Mainstreet publié cette semaine plaçant la Coalition Avenir Québec en tête.

Toute la presse a repris ses chiffres comme s’ils constituaient des faits avérés. Il faudra néanmoins d’autres prises de mesure pour confirmer cette tendance, tant les variations observées et les répartitions régionales présentées sont improbables.

Cela pousse quand même à se demander si la CAQ est en train de s’imposer comme option de remplacement aux libéraux.

Montée cyclique

La troisième voix, incarnée par l’ADQ puis par la CAQ, connaît des montées cycliques tous les quatre ou cinq ans depuis 2002. Mario Dumont avait vécu une lune de miel dans les sondages suivant une série de victoires en partielles.

Cinq ans plus tard, en 2007, l’Action démocratique causait la surprise en prenant l’opposition officielle. Puis, en 2011 et 2012, la CAQ, nouvellement créée, caracolait en tête.

Tous les cinq ans, les Québécois semblent se fatiguer de la politique traditionnelle et souhaitent essayer autre chose. Si cette hypothèse est vraie, ça voudrait dire qu’en 2017, la CAQ serait due pour une montée dans les sondages.

Dégagisme

Chaque fois, la vague s’est brisée sur l’amateurisme de l’ADQ-CAQ. À voir comment on aime encore y jouer, au cowboy, ça ne changera pas cette fois-ci.

Une chose sera différente, toutefois: le «dégagisme». Cette volonté des citoyens, observée ailleurs en Occident, de congédier les élus trop bien implantés. On en a eu un avant-goût ici, avec la vague orange.

Il y a un obstacle de taille pour que la CAQ profite de ce contexte. Il s’agit de François Legault, en politique depuis 20 ans. L’électorat voit l’expérience comme une tare plutôt que comme un avantage.

Si la CAQ met en vitrine trois visages moins connus dans une publicité télévisée, c’est manifestement qu’elle fait exactement la même évaluation.