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Guy Turcotte invoque la maladie mentale

Il demande à la Cour d’appel de réduire sa peine d’incarcération de 17 ans

Guy Turcotte veut faire diminuer sa sentence par la Cour d’appel du Québec.
Photo d'archives, Agence QMI Guy Turcotte veut faire diminuer sa sentence par la Cour d’appel du Québec.

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Guy Turcotte plaide la maladie mentale afin de demander à la Cour d’appel de réduire sa peine de 17 ans d’incarcération avant de pouvoir demander une libération conditionnelle.

«Le juge ne tient aucun compte de la maladie mentale [de Turcotte] ni de sa crise suicidaire au moment de causer la mort de ses enfants», se plaint l’ex-cardiologue dans le mémoire qu'il a récemment déposé devant le plus haut tribunal de la province.

Turcotte, 45 ans, n’a pas perdu espoir de voir sa peine réduite, huit ans après le meurtre de ses enfants, Anne-Sophie et Olivier, 3 et 5 ans, dans leur maison de Piedmont, dans les Laurentides. Il venait de se séparer de sa femme, qui avait commencé à fréquenter un autre homme.

À son premier procès, un jury l’avait déclaré non criminellement responsable de ses gestes à cause de troubles mentaux et il avait été interné à l’institut Philippe-Pinel à Montréal.

Trop long

Mais la Cour d’appel avait infirmé la décision et ordonné un nouveau procès. Ce dernier s’est déroulé en 2015, et Turcotte avait finalement été reconnu coupable de meurtre au second degré.

Le juge André Vincent l’a ensuite condamné à la prison à vie, sans possibilité de libération avant 17 ans.

Or, cette période est beaucoup trop longue, croit le meurtrier.

«Une période [...] de plus de 15 ans ne se justifie qu’en présence d’un pronostic de dangerosité convaincant [...] Le juge lui-même a reconnu que [Turcotte] ne représentait qu’un faible risque de récidive», peut-on lire dans le document de cour préparé par ses avocats.

Lors de plaidoiries sur la peine, Mes Pierre et Guy Poupart, de la défense, avaient suggéré une période «de moins de 15 ans, et plus proche de 10 ans que 15».

La Couronne, de son côté, espérait une période de 20 ans d’incarcération, au minimum.

Sang-froid

Turcotte a également rappelé que même si l’argument de non-responsabilité criminelle n’avait pas été retenu, il s’agissait quand même d’une défense sérieuse. Le juge a été du même avis, mais il n’a toutefois pas considéré ce facteur dans la sentence imposée, plaident les frères Poupart dans leur mémoire.

«Le rejet par le jury de la défense de non-responsabilité criminelle de [Turcotte] ne signifie pas, comme l’écrit le juge, que les meurtres ont été commis «de sang-froid», plaident-ils. Une telle remarque va même à l’encontre de la preuve.»

La date de l’audience devant la Cour d’appel n’a pas encore été déterminée.