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L'IUCPQ implante un défibrillateur cardiaque interne plus durable, une première au Canada

Le Dr Jean Champagne, cardiologue à l'IUCPQ, en compagnie de Philippe Lussier, qui a été l'un des premiers patients à recevoir un nouveau défibrillateur cardiaque interne ayant une plus longue durée de vie.
Le Dr Jean Champagne, cardiologue à l'IUCPQ, en compagnie de Philippe Lussier, qui a été l'un des premiers patients à recevoir un nouveau défibrillateur cardiaque interne ayant une plus longue durée de vie.

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L'Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec (IUCPQ) devient le premier centre au pays à implanter un nouveau défibrillateur cardiaque interne dont la durée de vie est deux fois plus longue que les appareils conventionnels.

Le Platinium de nouvelle génération a été approuvé par Santé Canada en mars 2017. Sa longévité peut dépasser 14 ans, ce qui représente un bénéfice notable pour les patients. «La population vit plus longtemps. Le remplacement d'un défibrillateur cardiaque interne augmente le taux de complications qui passe de 1 % à 2 %. S'il survient une infection, c'est catastrophique pour la personne. Le risque de mortalité est important», signale le chef du secteur d'électrophysiologie à l'Institut, le Dr Jean Champagne.

Implantés dans le haut du thorax, les petits dispositifs préviennent la mort subite chez les personnes aux prises avec des troubles graves du rythme cardiaque. L'âge moyen des patients est de 63 ans. Un petit choc est envoyé au coeur lorsqu'une anomalie est détectée par le dispositif. «C'est une sorte d'ange gardien. C'est comme mettre une ambulance sur soi», souligne le Dr Champagne.

«Coeur de boeuf»

Les équipes de cardiologues électrophysiologistes de l'IUCPQ, qui desservent tout l'Est du Québec, implantent 600 défibrillateurs par an. Une procédure sur cinq concerne le remplacement d'un dispositif qui a atteint sa durée de vie utile.

C'est le cas de Philippe Lussier, de Québec, dont le défibrillateur cardiaque interne, âgé de plus de sept ans, devait être remplacé. M. Lussier a été l'un des premiers patients de l'Institut à bénéficier, jeudi, du Platinium de nouvelle génération.

«Comme j'ai un coeur plus gros que la normale, les signaux électriques passent mal. Le coeur ne se remplit pas bien de sang entre les battements, ce qui entraîne de l'insuffisance cardiaque», explique M. Lussier.

Ce problème génétique, qu'on connaît aussi sous le nom de «coeur de boeuf», a causé le décès de son frère en bas âge. Sa soeur a pour sa part dû recevoir une transplantation cardiaque.

«Cet appareil fait la prévention. Cela me donne une marge de protection et une meilleure espérance de vie», affirme l'homme âgé de 54 ans. Après un mois de convalescence, il pourra reprendre ses activités normales, dont son emploi de chauffeur de taxi.

Projet de recherche

Le Platinium de nouvelle génération coûte autour de 8000 $. À l'IUCPQ, les procédures d'implantation se dérouleront, dans un premier temps, dans le cadre d'un projet de recherche auquel participent plus de 200 centres à travers le monde.

«Nous allons évaluer le nombre de décès, d'hospitalisations, de complications, ainsi que les chocs appropriés et inappropriés produits par ces dispositifs», précise le Dr Champagne.