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Cafouillage de l'A13: pour une échelle des tempêtes de neige

Le cafouillage de l’autoroute 13 s’explique notamment par un manque de préparation, selon un rapport

Cafouillage de l'A13: pour une échelle des tempêtes de neige
Photo d’archives, Sylvain Denis

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Les autorités devraient développer une échelle des tempêtes de neige semblable à ce qui existe pour les ouragans, recommande l’auteur d’un rapport sur le cafouillage de l’autoroute 13.

«Il y a une tendance à minimiser l’impact des tempêtes [...] On a été élevés dans les tempêtes de neige, donc ça n’effraie pas trop les Québécois», a remarqué en conférence de presse Florent Gagné, qui a rendu public son rapport d’enquête sur les événements des 14 et 15 mars. Quelque 300 automobilistes étaient restés coincés durant de longues heures pendant la nuit sur l’autoroute 13.

L’absence de proactivité des autorités ce soir-là s’explique essentiellement par un manque de communication au sein du ministère des Transports et de la Sûreté du Québec, mais aussi par le fait qu’il est tombé 15 cm de neige de plus que prévu, conclut le rapport.

Parmi ses 28 recommandations, M. Gagné suggère donc de créer une gradation des tempêtes selon des paramètres objectifs, de concert avec les experts météo.

En cas de tempête de niveau 4, les autorités pourraient notamment s’assurer que les gestionnaires des différentes agences sont sur leur lieu de travail et que les camions lourds sont interdits de circulation.

Environnement Canada serait-elle intéressée à créer une telle échelle? L’agence fédérale n’a pas rappelé Le Journal vendredi.

 

Voici quelques autres faits saillants du rapport

Pas de gestionnaire au centre de surveillance du MTQ

Il n’y avait aucun gestionnaire présent au centre intégré de la gestion de la circulation (CIGC) du ministère des Transports pendant le blocage de l’autoroute 13, comme s’il s’était agi d’une soirée normale.

Le CIGC compte 445 caméras qui surveillent le réseau routier. Les techniciens étaient débordés par les nombreux appels reçus du public et n’avaient ni la formation ni l’autorité nécessaire pour gérer la situation et déclencher une alerte, indique le rapport.

Globalement, le cafouillage ne serait pas dû à un manque de ressources, mais plutôt à un système de vigie et d’alerte mal rodé.

Manque d’initiative à la SQ

L’agent de la Sûreté du Québec présent sur le terrain s’est lui-même retrouvé coincé sur l’A-13. Incapable de circuler, il n’a pas pu prendre la mesure de l’ampleur du blocage, indique le rapport. Reste que quand une agente l’a informé des nombreux appels d’automobilistes enlisés, il n’a pas cru bon d’aviser l’officier supérieur.

La SQ a rappelé vendredi qu’une enquête administrative sur la gestion des événements était toujours en cours et que depuis le cafouillage, un Centre de vigie et de coordination opérationnelle a été mis en place.

Passage chez le notaire sans conséquence

Le fait que le responsable des opérations de la SQ lors du cafouillage soit passé chez le notaire sur son temps de travail ce soir-là s’est avéré sans conséquence, a laissé entendre Florent Gagné en conférence de presse.

Après avoir dit qu’il n’avait aucune information là-dessus, M. Gagné a indiqué qu’il avait interrogé le capitaine Michel Lapointe. «Il me semble qu’il est passé chez le notaire vers 17 h pour signer un document. Mais il a été appelé à 3 h du matin.»

Le camionneur récalcitrant pas en cause

Le camionneur qui a refusé de se faire remorquer sur l’A-13 a empiré la situation, mais n’a pas causé l’ensemble du blocage, a précisé Florent Gagné. Même si cette entrave n’avait pas existé, les autres tronçons auraient tout de même été bloqués par d’autres camions, estime-t-il.

Le camionneur en question avait été arrêté et pourrait faire face à des accusations de méfait et de nuisance.

Pas de blâme pour les ministres

«Si vous voulez le fond de ma pensée, je pense qu’il aurait été impossible pour le ministre de faire quoi que ce soit», a avoué Florent Gagné vendredi.

Les ministres des Transports et de la Sécurité publique, Laurent Lessard et Martin Coiteux, avaient essuyé de nombreuses critiques au lendemain du cafouillage. Mais M. Gagné ne les blâme pas dans son rapport, considérant que l’information ne s’est jamais rendue à eux.

Les deux ministres ont réagi vendredi en rappelant que des changements internes avaient été mis de l’avant dans les heures suivant la crise.

«Le rapport [...] déresponsabilise complètement le gouvernement libéral. On ne lui reproche même pas son manque de préparation, même si la tempête était annoncée depuis des jours», s’indigne de son côté Alain Therrien, du Parti québécois.