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Ponts et poncifs

Que votre joie demeure...

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Elles se télescopent à une telle fréquence qu’on a à peine le temps d’y réfléchir. Les nouvelles sont devenues des étoiles filantes suivies par LCN et RDI.

Facile de choisir au hasard dans le foisonnement d’une journée normale au Québec : des surdoués de la police bousillent la fête de ceux qui les payent déjà trop cher alors qu’à l’autre bout de la 20, on paie une «formation» pour apprendre à vivre aux employés municipaux. C'est le retour des Lumières!

Apparemment, il faut «intervenir en amont» de la connerie, a expliqué un jaseur cuivré de l’administration municipale.

Ajoutons Trump, les inondés déprimés et les chroniqueurs du Sommeil...

Il y a une recette pour survivre: écouter coup sur coup Un souper presque parfait et l'Arbitre Anne-France Goldwater rendre justice aux pauvres.

Ça va mieux ensuite. Ça donne confiance en l’avenir comme en l’école publique. 

On peut rêver sans crainte; plus rien ne surprend. Ni les douchebags de la police ni les politiciens locaux qui ne savent plus quoi trouver pour dépenser comme des idiots...

Réglons le cas de la police de Montréal. Cette organisation me fait penser à un site d’enfouissement : on enterre ce qui pue en espérant que personne ne sentira rien...

Une police choyée, nombreuse et ron-ron-petit-pantalon, mais qui n’avait rien vu des magouilles mafieuses montrées par la commission Charbonneau. C’est la GRC qui a sauvé la mise. Mais personne n’a osé chanter Ô Canada!

Montréal a une police de «tickets», de manifs et de chicanes de ménage qui ne va pas toujours dans la ruelle pour une Chevette...

Aux nouvelles, on lui donne souvent le beau rôle. On est gentil avec la police, c’est bizarre...

Les experts ne se cassent pas la tête quand ils traitent de leurs revendications mais nous cassent les oreilles en répétant la même insignifiance : les policiers sont sans contrat de travail depuis trois ans!

Non! Pas vrai?  Faites-nous rire! Ils doivent crever de faim! (Même si ça ne paraît pas...)

Policiers et malotrus

La réalité est simple: ça fait trois ans qu’on ne leur donne pas ce qu’ils veulent... C’est crissement différent.

Et que veulent-ils au juste? Ne pas payer leur juste part des déficits de leur indécent régime de retraite! C’est aussi simple que ça.

On a pourtant tendance, surtout aux nouvelles télévisées, de les oublier ces détails qui coûtent la peau des fesses à une collectivité fiscalement épuisée et qui, très majoritairement, n’ose pas rêver aux conditions des corpulents de Liberté 53.

Un syndicat, policier ou autre, ça reste une organisation privée et foncièrement égoïste.

Alors les douchebags peuvent continuer de faire du bruit en collants rose, ça ne doit pas ombrager la sanctification du dinosaure métallique couché sur le fleuve dans une orgie de néons, d’ampoules et d’honoraires juteux.

Orgie de dépenses, bien sûr. On est à Montréal, au Québec... Et avec Rozon, il ne fallait pas s’attendre à autre chose : 40 millions pour éclairer un pont, on imagine la diarrhée que sera la reddition des comptes...

Brossard, Paris...

Le quidam de plus en plus moyen ne saurait vraiment dire aujourd’hui quand Jacques-Cartier est arrivé ici ou qui était Louis Hyppolite Lafontaine avant le tunnel mais, peu importe, au pays de Tintin et de Sophie, les mémoires sont nettoyées de 5 à 7 et le puits noir du destin est liquidé dans une rasade de vodka locale.

Ce qui compte, c’est la fête. Fêter en soi, même le vide. Célébrer le mystère du grand nulle part. Oublier les cônes orange, les rues défoncées et la pauvreté rampante. Se réjouir comme si c'était la dernière fois.

La joie est abstraite et l’émerveillement spontané. Et, bien sûr, le petit bonheur de Mélanie Joly, ministre du troublant Patrimoine canadien, brillant comme une star quand la nuit tombe et que le pont survolté frétille sous les ampères...

Peu importe les évidentes incongruités de l’Histoire: le Canada a 150 ans, la métropole en compte 375 et la Vieille Capitale en a déjà presque 410... Les premiers seront les derniers, n’est-ce pas? Alors vivons joyeusement cette prophétie!

Le maire Coderre, heureux comme un Père Noël, ne tentera pas d’explication. À moins qu’un touriste, you know, ne le lui demande... 

Il est emporté par la joie, lui aussi. On dirait une montgolfière passant le Cap Horn. Il compare d'emblée le craquant pont Jacques-Cartier à la tour Eiffel. À Brossard, c'est vrai, on est presque à Paris et la Plaza Saint-Hubert, c’est un peu les Champs-Élysées...

Un qui brille, un qui rouille...

On comprend que tout ça donne la face longue à Québec. Dans le domaine municipal du marquis de Labeaume, il n’y a pas de lumière sur le vieux pont, ou si peu.

Au mieux, par temps clair, des reflets lunaires sur des éclats de rouille excités par le vent. On a tenté de l’illuminer au tournant du siècle mais l’opération a tourné à la rigolade et s’est terminée dans la honte...

Retenter le coup aujourd’hui, avec toute la pluie qui nous tombe dessus, risquerait de le transformer en chaise électrique... Au mieux, ce serait à nouveau le court-circuit.

On oublie ça...