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Bonne fête des Patriotes !

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Quand j’étais jeune, dans mon Métabetchouan natal, c’était pendant le long congé de mai qu’avait lieu le souper homard de financement de la Fête des Arts, notre festival estival local.

Tous les monsieurs du village s’y présentaient le visage encore plus rouge que les bestioles qui se trouvaient dans les assiettes, après avoir passé la journée à travailler sur leur terrain.

Jour «du» Dollard pour certains; fête de la Reine pour d’autres; fin de semaine officielle du patio pour tous: ce jour férié a pris une teinte politique lorsque Bernard Landry en a fait la Journée nationale des patriotes, en 2002.

Lecture libérale

Il n’a jamais pu la célébrer comme premier ministre, perdant le pouvoir un mois avant sa première occurrence, en mai 2003. Jean Charest se fit ensuite un plaisir de souligner la fête des Patriotes à grand renfort de publicité dans les journaux.

On profitait de l’occasion pour proposer une lecture «libérale» — et pas dépourvue de vérité — des Patriotes, poussés par des motivations démocratiques, comme ce fut le cas d’autres mouvements révolutionnaires de la première moitié du 19e siècle.

Philippe Couillard ment ou fait preuve d’ignorance lorsqu’il justifie son refus de hisser le drapeau patriote sur une tour secondaire de l’Assemblée nationale parce que ce dernier aurait été «à un moment tragique de notre histoire, lié à la violence».

Le vieux de 37

D’abord, le chef libéral a déjà dit dans un discours que cet étendard était à l’origine de son parti.

Il joue aussi sur une confusion, causée par le fait que certains mouvements radicaux ont créé un drapeau à partir de celui des patriotes. On y a ajouté l’image postérieure du «vieux de 37», que le FLQ a imprimé en filigrane de ses communiqués et une étoile jaune, dont on ne sait trop si elle est d’inspiration acadienne ou socialiste.

De fait, le FLQ utilisait plutôt un drapeau évoquant le Viêt Nam d’Hô Chi Minh! Les patriotes préféraient quant à eux orner leur étendard d’un maskinongé, d’un castor ou de feuilles d’érable. Voilà qui devrait plaire à notre premier ministre.

S’approprier les symboles

C’est ce qui est fatigant, à la longue, avec Philippe Couillard. Dans le but d’avilir l’adversaire, on ne débat jamais vraiment sur les faits ou sur le fond, mais sur des impressions ou des imprécisions.

C’est ridicule d’accuser l’un et l’autre de s’approprier une fête ou un drapeau, lorsqu’on est soi-même en défaut de l’avoir chéri par le passé. Jean Charest l’avait compris, lui.

À la fin, les symboles ne sont pas faits en savon. Ce n’est pas parce qu’on est nombreux à les utiliser qu’ils vont s’user.

C’est pourquoi je souhaite une bonne Journée nationale des Patriotes à toutes celles et à tous ceux qui rentreront au bureau mardi avec le visage rouge.

Même si c’est un rouge libéral !